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Côtes d'Armor (22)
À la SCEA de Kerfrau à Gomené / L’automatisme et le solaire pour l’atelier laitier
 

C’est en fait  l’évolution des moyens de production et la volonté de conserver de la souplesse dans la gestion des ressources humaines qui ont guidé le projet, du moins dans sa partie production. Pascal Rocaboy s’est installé en 1996 sur la ferme familiale qui dispose de deux ateliers, porc et lait. Au départ à la retraite de ses parents, il embauche un salarié affecté à l’atelier porcin. Un deuxième salarié est embauché en 2008 pour la production laitière.
Garder les salariés
En février 2009, s’et constituée la SCEA de Kerfrau regroupant l’exploitation de Pascal et celle de ses beaux-parents avec comme moyens de production un atelier porc de 150 truies NE et un atelier lait pour un quota de 406 000 litres de lait et 180 ha de terre. « L’installation de traite 2 fois 5 simple équipement et la stabulation traditionnelle aire paillée ne permettaient plus de travailler dans de bonnes conditions », explique Pascal.
Après avoir fait le choix de construire un nouveau bâtiment, un peu à  l’écart des anciens bâtiments, s’est posée la question du type d’investissement. Pascal s’est d’abord fixé comme priorité de garder les salariés et de limiter l’astreinte. « Avec l’ancienne installation, elle était de 4 heures pour la traite à laquelle il fallait ajouter l’alimentation du troupeau, les soins aux génisses et aux veaux ».
Après avoir hésité entre le robot et le roto tandem, son choix s’est porté sur un robot (Astronaut A3 Lély - Next), complété d’une auge  mobile pour l’alimentation des vaches, d’un racleur automatique derrière les 64 logettes d’aire paillée. Un investissement global de 420 000 euros, y compris la fumière couverte et les silos. L‘ensemble du bâtiment qui abrite aussi la laiterie, le bureau et la nurserie des veaux fait 42 mètres le long sur 22 mètres de large. « Par rapport à une installation traditionnelle, avec une salle de traite, un quai d’attente et une table d’alimentation nous avons gagné en surface et donc en coût de maçonnerie ». Le fait de construire à neuf a donc permis d’adapter le bâtiment aux installations.
Maintien du pâturage
Quelques mois après la mise en service, l’éleveur ne regrette pas ses choix. « Les vaches se sont rapidement adaptées au robot, les résultats techniques (production et critères qualité) se sont améliorés : + 5 kg de lait par vache et par jour et moins de 200 000 cellules ». Reconnaissant avoir rencontré quelques soucis de lipolyse au départ. « Un nombre de traite trop important par jour ».  Il souligne également que le robot est installé avec maintien du pâturage sur 18 ha de terre à proximité de la stabulation.
Mais c’est sur  les aspects « travail et coûts » qu’il insiste. « Les conditions de travail sont idéales pour le salarié qui a été formé à la conduite du robot et pour l’éleveur ». Le salarié assure une garde toutes les 3 semaines. Une garde relativement légère pour le salarié dans la mesure où, sauf rare exception, l’alimentation des vaches est assurée en semaine pour 5 à 6 jours et n’est donc pas à faire le week-end. Quant à Pascal, cette automatisation lui permet d’assurer seul la garde des week-end pour les deux ateliers.
Sur un plan économique, l’investissement est important. Pourtant il estime que dans le cadre d’un investissement global (bâtiment + installation de traite), et compte tenu du nombre de vaches à traire (moins de 60 vaches) « la solution du robot était la plus intéressante notamment en intégrant l’aspect économie de main-d’œuvre du temps de traite ».

Pierre Dénès




La toiture louée pour du photovoltaïque
La particularité du bâtiment laitier de la SCEA de Kerfrau réside aussi dans le fait que la toiture sur la partie exposée sud est recouverte de panneaux  photovoltaïques. Une opération conduite en partenariat avec la société GR Energies à Merdrignac. « Il s’agit en fait d’un contrat de location au travers d’un bail emphytéotique. Ce sont ainsi 750 m2 de panneaux qui ont été posés  en poly cristallin (92 KWc) », explique Samuel Recoursé, l’un des actionnaires de GR Energies. À noter aussi l’installation d’un système de récupération des eaux de pluies pour la rampe d’arrosage des panneaux. L’investissement global s’élève à 390 000 euros, avec l’objectif d’un retour sur investissement sur 10 à 12 ans pour la société.  Pascal Rocaboy percevra un loyer annuel de 3 000 euros.






Légende photo : Pascal Rocaboy  entre Samuel Recoursé, GR Energies et Jean-Pierre Hellard, de Lély Center Pontivy.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 25 Février 2010
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