
Une cinquantaine de responsables cantonaux participaient jeudi soir à Plérin à la réunion de la section laitière. A l’ordre du jour plusieurs sujets :
Intempéries
900 000 litres non collectés chez 540 producteurs en Côtes d’Armor lors de l’épisode de neige et de verglas qui a affecté essentiellement l’Ouest et le sud du département. La préoccupation des producteurs reste le paiement du lait jeté. Selon, Hervé Moël, le président de la section, la coopération ferait preuve de solidarité. Ainsi le groupe Laïta rembourserait l’intégralité du lait sur la base de 285 euros/1000 litres. Cependant ceux qui seraient en dépassement de quota en fin de campagne devraient rembourser pour la part de dépassement. Du côté de chez Entremont, par contre pas de réponse pour le moment. La question est posée sur l’éventualité d’une plainte sur la base de l’obligation de collecte par la laiterie.
Collecte laitière
-8 à -9 % en fin de campagne pour la France et équilibre pour la Bretagne. Difficilement acceptable pour les producteurs qui voient d’autres pays être en fort dépassement. Le département a sollicité les services du ministère sur les allocations provisoires, contestant de fait ce qu’il est convenu d’appeler le double Zéro : zéro prêt de quota, gel par la France du 1 % de quota accordé par l’UE. « Nous avons en fait eu la double peine, c’est-à-dire un blocage des volumes et des prix bas ». Autant dire que les producteurs costarmoricains rechigneront à accepter une situation similaire sur 2010. D’ores et déjà ils demandent de libérer les 2 fois 1 % de quotas (le 1 % 2009 et le 1% 2010) et voudraient qu’à terme la France réalise son quota. « Pas question que la France reste la variable d’ajustement de la régulation européenne »
Marchés des produits laitiers
La cotation des produits laitiers depuis le mois d’août affichait une tendance favorable. Les responsables constatent un certain tassement des prix ces dernières semaines sur les cotations du beurre et de la poudre. Le lactosérum ce maintient un peu mieux. La situation reste donc tendue y compris sur les marchés des fromages. Le solde des échanges en 2009 s’est avéré négatif à moins 72 %
(-117 000 tonnes).
Prix du lait
2010 est une année transitoire pour l’introduction de l’indice de saisonnalité. Trois éléments sont pris en compte pour déterminer les indicateurs de fixation du prix du lait :
- le prix moyen de l’année précédente : il a été établi à 278,88 euros pour 2009. C’est donc le chiffre qui servira de base pour toute l’année 2010.
- l’indice économique qui tient compte de la valorisation du lait. Calculé tous les trimestres l’indice prend en compte les évolutions du marché des produits de grande consommation (PGC) ( 60 %), des produits industriels (20 %) et des fromages « export » (20%).
- l’indice de saisonnalité qui a pour objectif d’inciter à la régularité des livraisons aux entreprises.
De fait le prix se compose du prix de référence de l’année précédente + l’indice économique de l’évolution des marchés, calculé par trimestre + indice de saisonnalité. Il faut ensuite aussi tenir compte de la flexibilité en fonction du niveau de Produits industriels. Pour le premier trimestre 2010 la flexibilité maximale est de 4,41 euros/1000 litres. Ce qui doit se concrétiser par un prix de base pour Janvier de 290,50 ; pour février de 278,09 et pour mars de 270,09.
Pierre Dénès
Légende photo : Pour Hervé Moël et ses collègues de la section lait : « Pas question que la France reste la variable d’ajustement de la régulation européenne »