
Une parcelle de cinq hectares, avec deux variétés de blé (Limes et Koreli), semées entre la mi-novembre et le 2 décembre, a servi de support à l'intervention de Lucie Chesneau, agronome à la Chambre d'agriculture, mardi dernier. L'objectif était d'évoquer les différentes possibilités de traitement des céréales. Gilles Le Petitcorps, propriétaire du terrain, présentait, en parallèle, la technique adoptée sur sa parcelle. "J'ai semé plus dense que d'habitude en raison des conditions climatiques. De 140 kilos par hectare pour la variété Koreli à 160 kilos pour la variété Limes. Je m'attendais à plus de pertes". La pousse est bonne, sur une parcelle bien ressuyée. Les adventices peu nombreuses. "Il y a un peu de chardons, de la folle avoine et du mouron habituellement. Peu de pâturin. Là, la parcelle est propre". Le sol a été labouré après le maïs grain.
Connaître la flore
La stratégie de traitement prévue est un passage d'isoproturon (1000 gr/ha) et d'un anti-dicot (Pareo). "Ce protocole convient parfaitement pour des semis précoces, sur des parcelles peu sales avec une flore classique", précise Lucie Chesneau. "Quand la flore est plus complexe, toujours en semis précoce, un premier passage d'isoproturon + First (0,5 L/ha) peut être réalisé en décembre avec un rattrapage en février-mars, avec un produit adapté à la flore présente". La solution mixte consiste à réaliser un premier passage avec l'antigraminée (Isoproturon) seul, ou l'antidicotylédone seul, selon la flore présente. Un rattrapage éventuel est alors effectué en fin d'hiver. "Les traitements ne doivent pas être systématiques. Il faut parcourir la parcelle pour con-naître la flore à éliminer".
Les semis tardifs ne nécessitent qu'un seul passage, en février-mars avec une sulfonylurée antigraminée (Archipel-Aloes), éventuellement complété d'un antidicotylédone. L'agronome précise également que la gestion des adventices passe aussi par les techniques alternatives. "La herse étrille est efficace contre les dicots jeunes, et utilisable à partir du stade 3 feuilles de la céréale dans de bonnes conditions météo".
Régulateurs de croissance
Le traitement contre la verse ne doit pas être systématique. "L'idéal est d'avoir une conduite de culture qui permet de s'en passer". Les facteurs de risques doivent être évalués: variété, densité de semis et apports d'azote. La variété Limes étant peu sensible à la verse, Gilles Le Petitcorps prévoit un traitement à base de Cycocel C5 à raison de 2L/ha, correspondant à un niveau de risque faible à moyen. "Concernant la fertilisation, j'effectue un apport de lisier de porc (60 à 80 unités deux semaines avant le stade épi à 1 cm). Compte tenu des conditions, j'effectuerai sans doute un apport d'une vingtaine d'unité au tallage cette année (ammo)". Après lisier, deux autres apports d'ammonitrate sont réalisés pour compléter les besoins, évalués à 140 unités au total.
Bernard Laurent
Photo : Une dizaine d'adhérents de GVA ont bravé le froid pour écouter les conseils de Lucie Chesneau, mardi dernier.