
Un tracteur de forte puissance, sur une exploitation individuelle, revient, en moyenne, à 50 - 60 euros de l'heure de travail, toutes charges comprises, à l'exception de la main d'oeuvre", avance Julie Kerleau, de la FDCuma 56. "C'est presque le coût de l'heure de travail réalisée par le tracteur d'une Cuma avec chauffeur". Michel Le Roch, président de la Fédération du Morbihan confirme. "Dans notre Cuma intégrale, le coût de l'heure de tracteur est de 37 euros. Celle du chauffeur de 28 euros". La démonstration se limite au tracteur. Elle pourrait s'étendre au matériel qui, bien souvent, n'est utilisé que quelques heures chaque année sur l'exploitation. "La tuile éventuelle, sur un tracteur acheté en individuel, est toujours plus dommageable", ajoute Michel Le Roch, qui poursuit sa campagne pour la maîtrise des dépenses de mécanisation et la promotion des Cuma. Des charges qui varient de 250 à 500 euros à l'hectare par exploitation ou de 50 à 100 euros aux mille litres de lait pour des exploitations de même type. "Dans notre Cuma, nous facturons 3000 heures de travail à nos 30 adhérents. Le coût moyen à l'hectare est de 257 euros". La facturation est mensuelle. Le règlement intérieur prévoit une notion d'engagement pour 7 ans. "C'est une sécurité pour l'ensemble des adhérents. Cette durée couvre le remboursement du matériel". La Cuma vise une courbe linéaire de remboursement des annuités d'emprunts. "Nous ne laissons pas vieillir le matériel. Les tracteurs sont changés tous les trois ans, par exemple".
Travailler en inter Cuma
Hervé Kervadec, de la Cuma de Landévant, insiste également sur l'aspect social. "Nous sommes 7 adhérents. Nous nous réunissons tous les lundis à 11 heures pour faire le planning de travail du salarié. Les échanges sont importants, surtout en cette période difficile. Il y a une notion d'engagement dans la Cuma mais aussi dans la vie de groupe".
Michel Le Roch veut aller plus loin et envisage une collaboration entre coopératives. "Nous devons désormais nous attacher à travailler en inter Cuma, notamment pour le gros matériel. Les périodes de récoltes ne sont pas les mêmes entre le nord et le sud du département. Il faut réfléchir ensemble à une collaboration pour amortir au mieux le coût de ces différents matériels". Voire entre régions, citant l'exemple de la Vendée où les récoltes sont plus précoces qu'en Morbihan.
Bernard Laurent
Photo : Michel Le Roch et Hervé Kervadec, présidents de Cuma, lors d'une réunion sur les charges de mécanisation à Grand Champ, vendredi dernier.
Baisse des investissements en 2009
•173 Cuma en Morbihan
dont 49 Cuma employeurs
de main-d'œuvre
•3800 agriculteurs adhérents
•88 salariés
+ 13 temporaires
•3,8 millions euros d'investissement en 2009
•8 millions euros d'investissement en moyenne annuelle
2006-2008