Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°10385 |
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Ille et Vilaine (35)
Journée laitière de la FDSEA / Pas d’avenir sans gestion des volumes
 

Il ne fait aucun doute dans l’esprit de Gilles Psalmon, directeur de la Fédération nationale des producteurs de lait : « La fin de la régulation et de la gestion administrée (quotas) est actée. C’est inscrit dans le marbre ». Les producteurs devront à l’avenir s’accommoder d’un nouveau type de relations avec les transformateurs, coopératives ou industriels privés. Reste justement à mettre en musique ces nouvelles relations.
Du côté de la FNPL, la position est désormais clairement affichée pour un modèle contractuel. Gilles Psalmon en a décrit les contours, du moins tel qu’il est souhaité par le collège des producteurs de l’interprofession. D’une part une interprofession nationale qui définit un guide des bonnes pratiques contractuelles et une commission d’examen de ces pratiques, sorte d’arbitre et de gendarme. Elle aurait en outre pour mission d’éclairer la démarche des interprofessions régionales dans la définition d’indicateurs de fixation du prix. De l’autre des producteurs rassemblés au sein d’organisations collectives, ces dernières étant en relation avec les différents transformateurs.
La position de la FNPL est surtout de ne pas laisser les producteurs en confrontation directe et individuellement face à leur laiterie. « Le producteur n’est pas capable de cerner si le contrat est équilibré, d’où la nécessité de déterminer un cadre et d’avoir cette organisation collective qui donne une capacité à négocier ».


Plus de lisibilité


Du côté des transformateurs, on évite de  trop se dévoiler. Dominique Chargé, président de Laïta, est en phase sur la nécessité d’avoir des repères de prix, de production, pour apporter une certaine sécurité aux producteurs comme aux entreprises.  « Un rapport équilibré gagnant/gagnant ». Il évoque aussi l’éventualité d’une double référence et donc d’un double prix. « Car, selon lui,   la diminution de la production n’est pas la solution ». Persuadé que l’économie  laitière française ne pourra supporter seule la dérégulation.
Luc Morelon, responsable de la communication du groupe Lactalis, se montre d’abord flatteur pour les éleveurs. « Le département d’Ille-et-Vilaine est un des départements les plus performants. Capable de surmonter les contraintes comme  l’environnement ». Persuadé en outre que le potentiel de développement de la production  laitière est immense compte tenu des nouveaux débouchés. Quant à la contractualisation, « on travaille déjà avec les groupements de producteurs et en contrat de fait avec nos livreurs. Donc s’il faut signer des contrats, on le fera ».
Reste cependant à les formaliser en définissant notamment les volumes, et les conditions en cas de dépassement ou de sous réalisation. Au niveau du  prix, tout en admettant des critères de fixation, il pense qu’il faudra raisonner par bassin laitier et se montre hostile à l’idée d’un double prix. Ne voyant pas comment il pourrait y avoir une réelle étanchéité entre les volumes en fonction des valorisations.
Tous les intervenants s’accordent pour reconnaître que l’après quota ne peut s’envisager sans une certaine gestion des volumes. Quant aux éleveurs présents, leur préoccupation immédiate, c’est le prix. « Surtout ne pas travailler plus pour gagner moins », a t-on entendu de la salle.Et comme l’a rappelé Patrick Bedoux éleveur au nord de département, « le découragement gagne, lorsque le revenu n’est pas là ».

Pierre Dénès




Photo : Les éleveurs ne veulent pas “travailler plus pour gagner moins”


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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 18 Février 2010
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