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Finistère (29)
Gaec Le Roy, Ergué-Gabéric / Prérefroidir le lait sans chauffer la trésorerie
 

Eric Le Roy le dit sans détour. Sans la subvention de 40 %, le Gaec n’aurait sans doute pas investi dans un prérefroidisseur à lait. Du moins, pas maintenant avec le prix actuel du lait. « Le retour sur investissement aurait été trop long ».
Grâce à l’opération régionale, initiée par le GIE lait-viande, le Conseil régional et l’Ademe, cette exploitation n’a déboursé « que » 1 980 euros pour l’appareil. De quoi amortir l’installation sur une période de 6 ans, sachant que ce prérefroidisseur tubulaire a été facturé 3 300 euros aux éleveurs (compter entre 3500 à 7 000 euros selon le système et le dimensionnement).


35 % de consommation électrique en moins


Sur cet élevage de 52 vaches laitières, la consommation électrique totale dépasse les 41 000 kWh, soit 79 kWh/1 000 litres de lait produit. « Par rapport à une exploitation moyenne similaire, il y a possibilité d’économiser 740 euros d’électricité pour l’atelier lait », a chiffré Jean-Yves Carré, coordonnateur énergie à la Chambre d'agriculture.
Aujourd’hui, en s’équipant d’un prérefroidisseur, le Gaec Le Roy s’attaque au poste le plus énergivore d’un atelier laitier : le tank à lait qui consomme de 35 à 50 % de l’énergie électrique. « Ici le groupe de refroidissement est installé à l’extérieur ce qui permet déjà un bon brasage d’air ».
Sur cet élevage, les relevés de consommation réalisés avant installation du prérefroidisseur ont donné une consommation de 13 kWh/ 1 000 litres (22 kWh /1 000 litres en moyenne, selon les données de l’Institut de l’élevage). « Depuis l’installation du prérefroidisseur, la consommation est tombée à 8,5 kWh/
1 000 litres ». Soit une baisse de 35 % sur cette période hivernale marquée par une période particulièrement froide. L’économie pourrait atteindre les 40-50 % en été, estiment les installateurs. Les simulations tablent sur une économie de 5 900 kWh/an, soit environ 550 euros de moins sur la facture d’EDF.


Besoin de 1,5 à 2 litres d’eau par litre de lait


Classiquement un lait qui sort de la mamelle à 37 °C perd 2-3°C dans les lactoducs avant d’arriver au tank. Avec un prérefroidisseur, la température du lait à l’entrée du tank est de 13 à 18 °C selon la capacité du refroidisseur.  « D’où la nécessité de bien prévoir le dimension- nement de ce dernier », conseille Jean-Luc Kegosien, du Crocit, qui souligne également l’effet bénéfique du prérefroidissement sur la lipolyse. « En diminuant le choc thermique, on contribue à la limiter ».
Sur cette exploitation d’Ergué-Gabéric, le prérefroidissement du lait nécessite 1,5 à 2 litres d’eau par litre de lait, soit 1 000 à 1 400 litres pour une traite à ce moment de l’année. « Nous avons installé deux bacs dans la stabulation. Les vaches boivent facilement ce volume ». Avec cet argument souvent avancé qu’une eau tiédie (15-18 °C) est mieux consommée. « Ici, nous utilisons l’eau d’un puits qui est à température constante de 11,5 °C par rapport à l’eau du réseau qui est actuellement autour de 5-6 °C. Il nous faut donc davantage d’eau pour refroidir le lait. Mais en été ce sera l’inverse », note Eric Le Roy.


Didier Le Du


L’augmentation de la température de l’eau de boisson est favorable à la consommation.

 






Donner de l’air au groupe


Pour des raisons de coût d’installation, de nombreux industriels laitiers préfèrent le tank compact avec groupe de refroidissement incorporé. D’où des consommations électriques supérieures. « Dans une laiterie où règne une température de 20 °C, la consommation est de 25 kWh/1 000 litres ; à 15 °C, la consommation tombe à 20 kWh ».


D’où la nécessité de bien ventiler la laiterie, mais aussi de bien disposer le groupe froid (prévoir une aération), d’entretenir et de nettoyer le « radiateur ».


Aujourd’hui, il existe des récupérateurs  de chaleur adaptables au tank. Cet équipement permet de récupérer la chaleur dégagée par le groupe du tank à lait. Cet échangeur à plaques (compter environ 1 500 euros) permet de chauffer de l’eau à 50 °C qui, injectée dans le chauffe-eau, permet de produire 80 % de son eau chaude. Le frein à son développement : la laiterie est propriétaire du tank. Mais les choses avancent, semble-t-il…


 



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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 18 Février 2010
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