
Les assemblées locales sont chaque année l’occasion pour les responsables, comptables et techniciens du CER de faire le point sur l’actualité (nouveautés sociales ou fiscales), ainsi qu’un tour d’horizon de la conjoncture des différentes productions. Dans un contexte de crise globale de l’économie, avec notamment une évolution forte du chômage, le secteur agricole n’a pas été épargné. Peu de productions ont pu tirer leur épingle du jeu au cours de l’année 2009.
Mieux sur les coûts
En porc, si les coûts de production ont baissé, la faiblesse de la demande, les difficultés à l’exportation n’ont pas permis d’établir un prix à la hauteur des attentes de la filière et notamment des éleveurs. « Les trésoreries restent dégradées et les taux d’endettement sont élevés, 17 % au-delà de 100 % », explique Georges Douguet, du service étude du CER. Il estime que sur 2010, les éleveurs devraient bénéficier d’un coût alimentaire compétitif, du moins sur la première moitié de l’année. Beaucoup plus interrogatif sur l’évolution du prix. Y aura t-il une reprise durable du marché mondial ? Quelle compétitivité de l’Union européenne ? Quelle place pour la filière bretonne face à la concurrence Danoise, Néerlandaise, Allemande, Espagnole ?
Un mieux pour le secteur de la volaille. « Mais au prix d’une grande restructuration ces dernières années ». Il s’avère cependant que le marché grand export va mieux. Il note un bon cycle de résultats positifs depuis 3 ans. « Nécessaire pour permettre aux éleveurs de pouvoir investir, notamment dans la rénovation du parc bâtiments ».
Lait, année noire
La production laitière a connu son année la plus difficile depuis longtemps. Le secteur a cumulé un prix du lait bas, des prix de la viande (Veaux et Vaches de réforme) également dégradés et une forte chute des marges brutes céréales (- 450 euros par ha de marge en blé). Dans le même temps, les coûts de production se sont envolés. Ainsi le point d’équilibre est passé de 284 euros/1000 litres en 2008 à 315 euros en 2009. Les revenus des producteurs de lait ne cessent d’ailleurs de se dégrader au fur et à mesure des clôtures, 50 % à moins de 6 000 euros fin décembre. Deux priorités pour ce secteur, le prix du lait qui doit remonter, mais sur lequel les producteurs n’ont que peu d’impact, la gestion individuelle qui implique dans une situation de crise encore plus de rigueur dans le calcul et l’analyse des coûts, et notamment la maîtrise des coûts alimentaires.
Au cours de ces assemblées, l’accent a d’ailleurs été mis sur les outils indispensables pour garder le cap : coût de production, coût de revient et point d’équilibre. Georges Douguet a détaillé comment interpréter ces différents indicateurs qui permettent à l’éleveur de se situer, de voir l’évolution dans le temps, d’avoir une bonne approche des différents aspects : charges, trésorerie, capacité de remboursement…
Pierre Dénès
Photo : Environ 130 adhérents à la réunion du CER à Quintin.