En 2002, Bruno Dorin et Frédéric Landy, spécialistes de l’Inde, posaient le dilemme qui se présentait à l’agriculture indienne : se placer sur le marché mondial comme un grand exportateur de denrées alimentaires ou satisfaire un marché intérieur en pleine croissance et qui compte 300 millions d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté. La « révolution verte » des années 70 a permis à l’Union indienne de devenir un grand exportateur de blé et de riz grâce une agriculture intensive. En 2001, les auteurs constataient une certaine autosuffisance alimentaire en blé et riz. Mais le pays connaît aussi une croissance démographique importante avec une augmentation de l’activité industrielle et de celle des services avec son corollaire : élévation du niveau de vie et évolution des habitudes alimentaires. Pourtant la malnutrition persiste. D’autant qu’en concentrant la production sur les cultures d’exportation, le pays a délaissé un certain nombre de productions nécessaires à l’équilibre alimentaire d’un pays de culture majoritairement hindouiste donc végétarienne. Bref, l’agriculture ne suit plus. Et les aléas climatiques s’en mêlant, l’Inde assiste aujourd’hui à une flambée des prix des produits alimentaires tandis que s’épuisent les stocks de blé et riz et qu’elle a dû importer du sucre. Le pouvoir en place appelle aujourd’hui à une deuxième révolution verte, mais avec d’autres modèles car les sols sont épuisés et les surfaces irriguées manquent. Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur a reçu la semaine dernière le ministre indien des industries agroalimentaires, accompagné d’industriels et haut fonctionnaires. La délégation s’est rendue à Quimper, où elle a visité le pôle de compétitivité Adria et des entreprises de l’agroalimentaire. Peut-être, un jour, s’ouvrira à nouveau la route de Pondichéry.