
Elle a le vent en poupe, la filière bois. Les besoins, en tous cas, sont là. "Actuellement, pour la Bretagne, le bois énergie représente la moitié des énergies renouvelables produites et 4 % des consommations énergétiques régionales. Vu le contexte, on peut supposer qu'il faille s'attendre à un doublement voire un triplement des consommations de bois plaquettes d'ici 2013", indique Marc Le Tréïs, en charge du secteur bois énergie à Aile.
La forêt d'abord
Du côté gisements disponibles pour répondre à la demande, plusieurs créneaux existent, mais pas tous avec le même potentiel (voir graphe). La forêt, en premier lieu, dispose d'un véritable boulevard devant elle. "Le recours aux plaquettes forestières, qui avait du mal à réellement s'engager pour des raisons essentielles de coût, doit pouvoir être facilité, pour des raisons réglementaire et de nécessité. Les forestiers devront réagir fortement", souligne Marc Le Tréïs. En second lieu, les déchets verts, les connexes de scierie et les plaquettes bocagères constituent d'intéressants gisements. Le bocage, pour sa part, bien que dispersé, demeure "très compatible avec l'auto-approvisionnement des exploitations agricoles sous réserve que son entretien et les replantations le maintiennent en équilibre", considère Aile. Qui voit aussi, dans les plaquettes bocagères, une ressource possible pour les petites et moyennes chaufferies par l'intermédiaire de plates-formes locales en milieu rural, comme cela se fait déjà.
Deux marchés
En fait, le marché pourrait, demain, se scinder en deux : les plates-formes industrielles seraient réservées aux consommateurs plus importants (réseaux de chaleur urbains, industries) tandis que des chaufferies de taille moyenne (200 – 500 kW) équipant par exemple des réseaux de chaleur en milieu rural pourraient être approvisionnées par des plates-formes locales mises en place par des agriculteurs. De nouveaux partenariats pourraient aussi être à trouver entre les opérateurs. "En fait, commente Aile, la période actuelle est une période charnière et il est fort probable que, dans les dix prochaines années, tous les efforts de mobilisation auront été faits pour que la contribution de la biomasse ligneuse aux défis énergétiques soit portée à son optimum, dans le respect des équilibres économiques existants." Il reste une marge.
Anne-Laure Lussou
Émissions atmosphériques : vigilance
"Avec la diminution des émissions industrielles et du transport, les émissions liées à la combustion de la biomasse, qui ont évolué plus lentement, apparaissent proportionnellement plus importantes qu'avant", a expliqué Aurélie Leplus, de Aile, d'où ce nouveau point de vigilance. Les émissions de polluants dues à la combustion du bois proviennent, en très grande majorité (97 %), du secteur domestique. C'est donc majoritairement vers là que devront se concentrer les efforts, et notamment du côté des appareils de combustion.