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Sommaire | " ENERGIES " | Article n°10376 |
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BIOMASSE / Une simulation de l'association Aile - Produire de l’énergie ne mange pas forcément les terres
 

C'est en quelque sorte un exercice destiné à rassurer ceux qui s'insurgent dès qu'ils entendent parler de cultures énergétiques, au prétexte que la vocation des terres se doit d'être exclusivement alimentaire. "C'est un simple calcul de coin de table, pas du tout une proposition", précise Sophie Merle, chargée de mission Energie et Territoire à l'association Aile, lors de son Forum prospective biomasse et milieu rural du 4 février. Objectif de l'exercice : calculer les incidences d'un scénario visant à augmenter la production d'énergie à partir de biomasse, dans l'Ouest (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Basse-Normandie). Actuellement, seul 1 % des surfaces y est consacré aux cultures énergétiques et matériaux.


Plus de biocarburants


Les quatre filières choisies pour se développer, dans ce scénario, sont des filières courtes, avec un impact agronomique le plus favorable possible. Première d'entre elles : la production de biocarburant au moyen de cultures énergétiques annuelles (colza pour la Bretagne). Ce, à hauteur de 30 % des propres besoins de l'agriculture et de la sylviculture en carburant. Production annexe : les tourteaux de colza, pouvant contribuer aux besoins de l'alimentation animale.
Deuxième filière : la production de matériaux isolants nécessaires aux constructions neuves et aux rénovations thermiques des logements du territoire, à hauteur de 20 % des besoins. Derrière cette appellation, il faut comprendre de la laine de bois (issue de produits forestiers de second choix) pour moitié, et de la laine de chanvre et de lin pour l'autre moitié. "Ces deux dernières cultures sont tout à fait possibles, et elles présentent un gain environnemental : utiliser des isolants végétaux permet de stocker durablement du carbone", indique Aurélie Leplus, de Aile.


Cultures à brûler


Troisième filière : les biocombustibles solides, à hauteur de 500 000 t produites chaque année, pour moitié par des taillis de saules à très courte rotation (les TTCR), pour moitié par du miscanthus. Ces derniers pourraient permettre la mise en place de nouvelles unités de chauffage urbain et de cogénération. "Certes ces cultures sont pérennes et limitent les possibilités de rotation. Mais elles limitent l'érosion et l'utilisation de produits phytosanitaires. Enfin, les saules peuvent recevoir des effluents d'élevage ou de station d'épuration", notent les auteurs.
La dernière filière à se développer, d'après ce scénario, est la méthanisation, encore confidentielle dans l'Ouest (voir ci-contre). L'étude table sur la mise en place de 150 unités. Pour les alimenter, outre des déjections animales, 20 ha de cultures énergétiques dédiées (maïs, prairie) pour chacune d'elles et des cultures dérobées.


Peu de bouleversement


Au final, la mise en place de ces quatre filières, à hauteur des proportions indiquées, aboutit à la conversion de près de 4 % de la SAU, ou 2,7 % de la surface totale, pour des usages non alimentaires. À la clé, la production d'énergie à partir de biomasse est augmentée de 221 ktep (milliers de tonnes d'équivalent pétrole), soit une progression de + 28 %. Conclusion des auteurs : "il est possible d'augmenter de façon significative la production d'énergie et de matériaux renouvelables en utilisant, de façon réversible, une faible part des surfaces agricoles". Tout est une question de choix.

Anne-Laure Lussou


 


Photo :Aurélie Leplus, chargée de mission Cultures énergétiques, Sophie Merle, chargée de mission Energie et territoire et Armelle Damiano, chargée de mission Biogaz à l'association Aile (de gauche à droite).

 






Méthanisation : de nouvelles pistes

La filière méthanisation, dans l'Ouest, se résume pour l'heure à 27 réalisations. Elles peuvent être réparties en trois catégories : les projets à la ferme (100 – 400 kWe), les projets industriels (600 – 2000 kWe) et les projets avec traitement d'effluents (type Géotexia, 500 – 1500 kWe). Si ces modèles devraient être amenés à se développer, les conditions économiques et techniques actuelles les favorisant, d'autres applications de la méthanisation pourraient apparaître. Aile évoque un système simplifié à la ferme pour capter le méthane des déjections animales et utiliser le biogaz en chaudière. Un simple système de couverture hermétique des fosses, comme cela existe au Canada, pourrait convenir. Autre proposition : de petites unités de traitement de biodéchets de restauration collective. Dans tous les cas, la façon dont seront mobilisés les gisements (déjections, biomasse végétale, déchets d'IAA et collectivités) sera déterminante pour le développement de la filière méthanisation.



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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 18 Février 2010
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