
En culture de chou-fleur, notamment biologique, les couverts végétaux jouent un rôle essentiel dans la fertilisation des sols. Mais de leur nature et de leur positionnement vont dépendre la qualité de la récolte et la présence de reliquats dans le sol en hiver, la plus faible possible. Le sujet intéresse les scientifiques de la Station d'essais de Pleumeur-Gautier (SECL 22) qui ont testé différents couverts végétaux, après une culture de chou-fleur de novembre-décembre et avant celle d'un chou-fleur de mars. Ont été expérimentés du blé semé fin janvier et exporté le 11 juin (qui constitue le témoin pauvre), du blé semé fin janvier et enfoui le 21 mai, de la féverole semée fin janvier et enfouie le 13 juin et du pois semé fin janvier et enfoui le 13 juin.
"Le but est d'adapter la cinétique de minéralisation aux besoins de la plante, d'avoir l'azote disponible dans le sol quand la plante l'utilise", a expliqué Christian Porteneuve de la SECL 22, lors d'une journée de restitution des résultats des essais "Légumes Bio" organisée par IBB (Inter Bio Bretagne). Les légumineuses (féverole et pois), enfouies après le précédent chou-fleur, ont induit une présence d'azote minéral supérieure aux besoins du chou suivant, ce qui peut entraîner des lixiviations à l'automne.
Risques de lixiviation
En blé, la quantité de biomasse produite a été intéressante car la céréale suivait une culture de chou-fleur (deux tiers de la plante restent sur le terrain après récolte). "L'azote est restitué plus lentement qu'avec les légumineuses : ce qui permet des reliquats optimisés. Par contre, la minéralisation de printemps est inférieure à celle des légumineuses", retrace Christian Porteneuve. Pour éviter une minéralisation trop rapide et trop importante, la SECL 22 teste actuellement le mélange de céréales et de légumineuses qui pourrait constituer un bon compromis.
Retarder l'incorporation des couverts au sol est une autre piste d'expérimentation qui peut permettre de moduler la minéralisation de l'azote. Dans tous les cas, l'emploi des légumineuses sur les exploitations doit s'inscrire dans le cadre réglementaire (interdiction d'enfouissement).
Septoriose en céleri rave
Des essais ont par ailleurs été réalisés à la SECL 22 en céleri rave. Il s'agissait de tester divers moyens de lutte contre la septoriose qui s'attaque au feuillage et peut amener à une réduction des bulbes. Deux variétés ont été testées : Monarch a affiché une sensibilité plus importante au champignon, en comparaison à Prinz. Le cuivre semble par ailleurs efficace, le Prev B2 beaucoup moins. Silicuivre a permis un résultat équivalent au cuivre, tout en réduisant les doses à l'hectare.
En tomate, des essais ont été réalisés sur la Station expérimentale horticole de Bretagne Sud (SEHBS) portant sur la comparaison de variétés du type "Cœur de Bœuf". L'évaluation de 11 variétés s'est voulue agronomique, mais aussi gustative. A l'issue de deux années de tests,
la variété Coralina (Gautier) a montré une supériorité aussi bien agronomique que gustative. Intéressante malgré ses gros calibres, la variété Cuor Di Bue (Biaugerme) est disponible en semences bio et correspond parfaitement à la vision italienne de la Cœur de Bœuf. A l'avenir, les professionnels français vont devoir se mettre d'accord sur une définition pour ce type de tomate de plus en plus appréciée des consommateurs.
Agnès Cussonneau
Photo : Le but des essais est d'adapter la minéralisation de l'azote aux besoins du chou-fleur tout au long de sa croissance.
43 essais en légumes Bio en Bretagne
La Cirab (Commission Interprofessionnelle de Recherche en Agriculture Biologique) a notamment pour mission de coordonner le programme régional de recherche, en adéquation avec les professionnels Bio bretons. En légumes et pomme de terre, 43 essais ont été menés cette année, dans ce cadre, par la PAIS de Suscinio, la SECL 22, la SEHBS d'Auray ou la Chambre d'agriculture du Finistère. Ils portent sur les évaluations variétales, les itinéraires techniques, la conduite et la protection des cultures, la biodiversité…