
La mécanisation, aurait-on tendance à dire, ce sont des charges fixes et incompressibles. "Notre enquête, effectuée de 2005 à 2007 auprès des exploitations des Réseaux d'élevage bovins viande, montre au contraire une grande variabilité", indique Patrick Sarzeaud, animateur des Réseaux pour la Bretagne, les Pays-de-la-Loire et les Deux-Sèvres. Si, en moyenne, le coût de mécanisation dans un élevage s'élève à 345 euros par ha en 2007, ce qui en fait le premier poste de charges, l'écart type atteint en effet 136 euros.
Dans le temps et entre systèmes
Les coûts de mécanisation évoluent fortement, d'une part, dans le temps, notamment avec l'évolution du coût de carburant (16 % du coût total). Ils augmentent aussi avec l'accroissement des surfaces. Cependant, précise l'étude, "le coût moyen de mécanisation à l'hectare progresse aussi (+ 11 euros entre 2005 et 2007, soit
+ 35 euros / ha). La moitié de cette augmentation est due à l'accroissement des amortissements (52 % du coût de mécanisation), l'autre moitié étant répartie entre la hausse du prix du carburant et la hausse du poste travaux par tiers".
L'Ouest pas plus économe
Parmi les 77 systèmes du Grand Ouest étudiés, une dominante (36) se dégageait de naisseurs – engraisseurs. Pour ces derniers, aux systèmes plus gourmands en mise en culture de surfaces que chez les naisseurs, le coût de mécanisation atteint en moyenne 382 euros / ha et 281 euros / UGB. "Il semble important mais il est raisonné au volume de production. Le besoin de récolte de fourrage et d'ensilage amène les éleveurs à faire plus souvent appel aux travaux par tiers (76 euros/ha)", retient l'Institut de l'élevage. "Nous nous attentions à ce que l'Ouest soit plus économe que d'autres régions mais cela n'est pas le cas, ajoute Patrick Sarzeaud. Les éleveurs sont en moyenne assez bien équipés pour ce qui concerne l'élevage (affouragement, distribution, paillage…)".
Or, la traction vient en tête des coûts dans la chaîne de matériel. D'après l'étude, on dénombre par exploitation (toutes confondues) en moyenne 2,3 tracteurs présents par unité de main d'œuvre, pour environ 94 chevaux de puissance. "C'est un peu élevé, commente l'animateur. Dans une exploitation, naisseur – engraisseur avec 70 vêlages, on pourrait imaginer qu'un tracteur de tête, un télescopique voire un tracteur supplémentaire déjà amorti suffisent. Dans les faits, le parc est souvent supérieur." Pistes d'amélioration pour maîtriser ses charges de mécanisation, en conséquence : limiter ses investissements, faire vieillir le matériel, avoir recours aux Cuma ou entrepreneurs… Autre point : "les systèmes laissant plus de place à l'herbe, au pâturage et au foin plus qu'à l'ensilage, sont souvent plus économes, cite Patrick Sarzeaud. Mais ces facteurs, seuls, ne suffisent pas."
Anne-Laure Lussou
Photo : L'étude a mis en évidence une grande variabilité des charges de mécanisation (données 2007)
selon les systèmes.