
Depuis 2005, les services publics d'assainissement non collectif (Spanc) exercent leur mission de contrôle de bon fonctionnement des installations. Les demandes de vidange de fosses, de la part des particuliers, augmentent, en conséquence. Dominique Brulé, gérant de l'EARL Brulé, y a vu une opportunité. "Les vidanges régulières deviennent obligatoires. Les stations d'épuration ne sont pas toutes équipées pour traiter les résidus de fosses septiques des particuliers. J'ai donc contacté, en 2007, les concepteurs du procédé de traitement Trécofim (voir ci-dessous) et adopté leur méthode". Une activité de diversification pour assurer un complément de revenu. Une assurance aussi, pour le céréalier, de bénéficier d'un apport d'engrais organique à bon marché. "L'activité est rentable à condition d'avoir un tracteur, une tonne et de la paille en quantité", précise l'agriculteur, également entrepreneur de travaux agricoles. "J'ai simplement construit une fumière et une fosse de réception pour filtrer les matières de vidange. Je vais rajouter une rampe d'aspersion pour gagner en simplicité ".
Un potentiel important
Les 200 tonnes de paille produites sur l'exploitation sont utilisées dans la station de traitement. "Nous retirons 400 tonnes de fumier à 4 unités d'azote par tonne, en moyenne. 40 hectares de l'exploitation servent de plan d'épandage". La souplesse, dans l'organisation du travail, a séduit Dominique Brulé. "La collecte s'effectue en saison creuse. Les vidanges peuvent se faire à tout moment. Ici, la station est toujours ouverte", dit-il en souriant. Le temps consacré à l'activité équivaut déjà à un mi-temps salarié. Le potentiel est important. "1600 foyers ont été recensés sur le canton de Josselin. Chaque foyer doit, pour respecter la législation, vidanger sa fosse au moins une fois tous les quatre ans". Les particuliers devront être en mesure de fournir un bon de livraison ou une facture d'un vidangeur agréé. Le gisement, tout proche, ne sera pas le facteur limitant du système. La présence de terres d'épandage, plus probablement. Les études préalables pour l'obtention du droit d'exploiter ont été réalisées par Aseco, un bureau d'études en environnement. Les contrôles se limitent, désormais, à une analyse des fumiers avant épandage. Les agriculteurs et les entreprises de travaux agricoles, par leur situation géographique et leurs équipements, semblent bien armés pour s'emparer de ce nouveau marché.
Bernard Laurent
Photo : La fosse de réception permet de filtrer les matières. Les jus sont ensuite épandus par aspersion sur la paille (photos prises à la station de Moréac). En médaillon: Dominique Brulé.
1200 m3 traités à la station Trécofim de Moréac (56)
600 fosses de particuliers environ, sont collectées aux alentours de Locminé pour alimenter la station Trécofim. En mélange à 60 tonnes de paille, elles fournissent 240 tonnes de fumier, épandus sur les terres d'épandage autour de la station. Breveté en 2006, le procédé permet d'améliorer la valeur agronomique des matières de vidanges et de respecter les périodes d'épandages. Le concept est vendu, sous forme de contrat de licence, aux vidangeurs spécialisés, aux collectivités et aux agriculteurs intéressés. Trois autres stations sont désormais équipées dans le Morbihan (chez un agriculteur et deux ETA). Pour une station de 1200 m3, l'investissement est de 75 000 euros environ (fosse, fumières, rampe, pompe). À Moréac, le coût de fonctionnement annuel est de 11 420 euros (dont main-d'œuvre pour retournement, épandage…). Au total, le traitement revient, en moyenne, par an, à 14 euros du m3. La prestation de service (vidange chez le particulier) est facturée 150 euros en moyenne. Les conditions préalables pour le porteur de projet, sont une déclaration au titre de la loi sur l'eau, un terrain de 1500 m2 et la proximité de terres d'épandages.
Contact : Vidanges 56 à Moréac. 02 97 60 14 83