
Et si, à la place des seringues, on utilisait des paillettes de taureaux robustes pour obtenir un troupeau en bonne santé. Améliorer la santé des animaux par la génétique est une voie explorée par les généticiens. Une voie qui, à terme, contribuera à améliorer les conditions de travail des éleveurs et permettra d’utiliser moins de médicaments.
À vrai dire, la sélection sur des critères de santé n’est pas nouvelle. Les éleveurs n’ont eu de cesse d’éliminer des souches sensibles aux boiteries, aux mammites, etc. Un travail mené parallèlement par les centres d’insémination avec la publication d’index (membres, cellules, etc.). Ce qui est nouveau, c’est le recours à la génomique, c’est-à-dire à la lecture dans les gènes, pour progresser dans ce sens.
Résistance à la paratuberculose
Invité à l’assemblée générale du GDS 29, Laurent Journaux, responsable génétique à l’UNCEIA (union des coopératives d’insémination) a annoncé que les choses avancent très vite dans ce domaine de la santé animale. « Certains pays sont déjà bien engagés dans cette thématique. Il est clair que la génétique peut aider à avoir des animaux plus résistants et à éliminer les plus sensibles ». Et d’illustrer ses propos par un travail mené par l’Institut de l’élevage sur la paratuberculose : « Il existe une composante de résistance à cette maladie, notamment en race Holstein ». Autre exemple en ovin cette fois : « Une étude de résistance aux parasites gastro-intestinaux est également en cours ».
Pour autant que les progrès permis par cette science s’annoncent prometteurs, le généticien de l’UNCEIA accorde que l’on est toujours aux balbutiements. « En amont, il faut collecter des données. Par exemple sur la résistance aux mammites, il convient sans doute de valoriser les données enregistrées par les éleveurs dans les carnets sanitaires ; les comptages cellulaires sont aussi une mine d’informations à exploiter. Mais déjà, dès cette année, un index mammites cliniques verra le jour grâce aux données du Contrôle laitier ».
Un levier de l’efficacité économique
Pour les boiteries, les généticiens pensent qu’ils pourraient éventuellement s’appuyer sur les données des pareurs comme cela se fait déjà en Allemagne. « Et pourquoi pas en combinant ces données de terrain avec celles recueillies dans les carnets sanitaires ».
En tout cas, le GDS est bien décidé à être partie prenante de cette nouvelle méthode de sélection. « La résistance aux maladies est un levier important de l’efficacité économique », a rappelé Jean-François Tréguer, président du GDS 29. « C’est pourquoi le groupement du Finistère, avec les GDS bretons, souhaite contribuer à l’élaboration d’un outil national d’amélioration de la résistance aux maladies par la sélection génomique. Autrement dit, les GDS souhaitent s’impliquer dans France génétique élevage (FGE) ». Difficile en effet de passer à côté de ce sacré challenge pour les années à venir. « Aux éleveurs de dire quels caractères ils souhaitent indexer », conclut L. Journaux.
Didier Le Du
Photo : Tous les animaux d’un troupeau n’affichent pas la même résistance face aux maladies. La génétique pèse aussi sur cet aspect.
La vache finistérienne va bien
Quarante-cinq suspicions de FCO mais pas de foyer déclaré en 2009. Pas de tuberculose (une suspicion non confirmée), un seul troupeau concerné par la brucellose, pas de leucose, un cas unique d’ESB : le cheptel bovin finistérien est en bonne santé.
La DSV (on dit DDPP depuis le 1er janvier) souligne encore que le bilan des visites sanitaires est satisfaisant dans 95,9 % des cas. Les améliorations doivent porter sur la tenue du registre d’élevage (20 % des cas) et dans la gestion de la pharmacie (15 %).
Concernant la vaccination FCO, l’administration parle de
« succès » : 82 % des cheptels bovins vaccinés (89 % des animaux éligibles) et 46 % des cheptels ovins vaccinés. À noter qu’une procédure est en cours à l’encontre de 236 éleveurs qui n’ont pas vacciné leurs animaux lors de la dernière campagne.