
Le développement durable, ce n'est pas uniquement l'environnement. Il ne se résume pas à des contraintes supplémentaires, il peut être un vecteur de croissance avec des opportunités", déclare Philippe Rémaud, de Cogedis. Ce thème a constitué le cœur des réunions de secteurs de l'organisation.
Profiter des opportunités
L'Etat a une forte volonté de mener une politique de développement durable avec l'objectif de réduire de 20 % le niveau des gaz à effet de serre par rapport à 1990 et de le diviser par 4 d'ici 2050. "Les mesures incitatives financières et fiscales sont nombreuses et importantes", explique Philippe Rémaud. "Les entreprises sont amenées à se positionner, soit à minima en appliquant la réglementation, soit en profitant des opportunités".
Au travers de quelques témoignages, Cogedis a voulu montrer que le développement durable ne se résume pas à la décroissance. "Il consiste à se projeter dans l'avenir et à mettre en place des projets vivables, viables et durables".
Economique et environnemental
Pour réduire leur consommation énergétique, Jean-Claude Gauter et son épouse, de Pluvigner (56) ont investi dans un pré-refroidisseur de tank à lait et dans une pompe à chaleur. Ils ont choisi de consacrer 3 ha de colza à la fourniture d'huile pour les tracteurs, la voiture. Les vaches en bénéficient aussi au travers du tourteau. La démarche est à la fois économique par la maîtrise des coûts de production, elle est aussi sociale car la production d'huile est réalisée au sein de la Cuma "Terre d'énergie", après réflexion collective.
L'enjeu est également environnemental. Par la déminéralisation de l'eau et l'ajustement des doses, l'exploitant a réduit nettement sa consommation de produits phytosanitaires, tout en améliorant son revenu et en respectant mieux l'environnement. La simplification du travail du sol par l'arrêt du labour entre aussi dans la démarche de développement durable.
Le retour sur investissement
"Chaque agriculteur doit faire l'inventaire des opportunités et des handicaps de son exploitation, pour augmenter son revenu et travailler dans de meilleures conditions vis-à-vis de l'environnement", poursuit Philippe Rémaud. "Mais attention, suivant les actions mises en place, les investissements sont plus ou moins lourds. Pour prendre les bonnes décisions, il est nécessaire de calculer le retour sur investissement et ne pas tenir compte uniquement des aides qui restent une opportunité pour la réussite des projets".
Patrick Bégos
Photo : Pour Philippe Rémaud, le développement durable doit être considéré comme un relais de croissance, une opportunité et non comme une contrainte supplémentaire.
La maîtrise des coûts
Se projeter dans l'avenir, c'est aussi pouvoir maîtriser les problèmes clés de l'exploitation, à savoir la chute du revenu et la difficulté à maintenir l'équilibre entre prix de revient et prix de vente. Avec une baisse moyenne de 18,2 % du prix du lait sur l'année 2009, les éleveurs ont aujourd'hui un prix de revient proche de 340 à 350 euros/1 000 L. La volatilité des prix est importante et l'optimisation des coûts est une priorité. En porcs, le prix de vente a baissé de 9 % en 2009, dans un marché saturé, avec une baisse de la demande et un coût de production proche de 1,26 euro/kg, fin 2009. Le manque de visibilité pour 2010 rappelle la nécessité de bien cerner ses coûts.