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HERBE / Pierre Aeby, formateur suisse, lors du colloque Ségrafo - La Suisse, royaume des mélanges prairiaux
 

Premier intérêt des mélanges, pour le formateur : l'autonomie supérieure en azote, par rapport à une espèce pure, qui dépend de la part de légumineuses du mélange. "Cette autonomie permet une économie d'engrais minéraux estimée entre 60 et 150 euros/ha/an", chiffre-t-il. Autre intérêt : la concurrence permise vis-à-vis des adventices. D'après une expérimentation de 2005 de Soder et Sanderson, la proportion d'adventices obtenue dans un mélange de deux espèces (dactyle/TB) a atteint 18 % de la MS, tandis que ce même ratio a été abaissé à 4 % dans un mélange 9 espèces (dactyle/fétuque élevée/RGA/lotier/trèfle violet/pâturin des prés/trèfle blanc luzerne). "Par ailleurs, signale-t-il, les mélanges présentent une certaine souplesse d'utilisation puisque l'on peut repousser la récolte en fonction de la météo même si cela n'est pas idéal pour l'une des espèces."


La bonne union


Reste à trouver le mélange qui convient, les plantes s'avérant complémentaires entre elles, mais aussi… en concurrence. "Pour une prairie polyvalente, compter 50 – 70 % de graminées, 10 – 30 % de légumineuses et 10 – 30 % d'autres plantes, cite P. Aeby. À noter que les variétés sont aussi importantes que les espèces : mieux vaut savoir, donc, à quoi l'on a affaire." Mais la France n'est pas la Suisse, où près de 2000 variétés ont été testées depuis 1970.
Le choix des espèces doit se faire, en premier lieu, en fonction de l'utilisation des parcelles : pour de la pâture exclusive, du polyvalent (fauche/pâture), du séchage au sol ou du sursemis, le formateur préconise un mélange composé de 50 – 70 % de graminées (RGA et diverses) et de TB. Pour de la fauche en vert ou de l'ensilage, il conseille des mélanges comprenant plus de 50 % de légumineuses (TV/luzerne)ou avec du RG d’Italie. La durée d'exploitation, par ailleurs, doit entrer en ligne de compte pour le choix du mélange.


Labour : attention


Le semis, pour préserver la présence de trèfle, est à éviter après fin août. "La profondeur à privilégier est de 2 cm maximum. Après labour, on peut opter pour un rouleau tasseur pour rappuyer le terrain", poursuit P. Aeby. Côté desherbage, "il faut intervenir sur des mauvaises herbes jeunes et par temps poussant avec des matières actives préservant le trèfle et les graminées. On peut pâturer les jeunes prairies temporaires, mais sur sol ressuyé, portant." En terme de fumure, il recommande un apport limité à 25 – 30 kg N/coupe. Quant à l'entretien : un roulage si le sol est régulier, du hersage uniquement en présence de beaucoup de taupinières et/ou en cas de suivi d'un sursemis. Enfin, note P. Aeby, "pour maintenir des graminées au-delà de cinq ans, le mieux est d'alterner pâture et fauche au printemps sur chaque parcelle ou, si cela n'est pas faisable, de pratiquer un sursemis régulier de bonnes graminées, seulement sur sol ouvert".
Anne-Laure Lussou


 


Photo : La contribution des espèces à la production de biomasse va varier au fil du temps.


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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 11 Février 2010
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