
Plus de 30 % des parcelles se situent à plus de 2 km (à vol d’oiseau) des sièges d’exploitations, et plus de 10 % à 5 km au moins », c’est le constat effectué par Emmanuel Desdoigts, Chargé de développement local à la Chambre d’agriculture à partir du repérage fait sur les exploitations situées sur la communauté de communes de Quintin.
D’abord informer
Cette démarche initiée sur le secteur fait suite à une première réflexion sur la transmission des exploitations. En juin 2009, un groupe de travail en lien avec le BV a décidé d’engager une opération d’identification parcellaire sur les exploitations de la zone. Cela concerne entre 3 500 et 4 000 parcelles sur les 10 communes et 11 000 ha.
Elle a permis de concrétiser sur des cartes la situation sur l’ensemble du territoire. Suffisamment éloquent pour dire que cette réalité mérite réflexion avec d’évidentes difficultés pour la faire évoluer. « Pourtant, note Pascal Prido, agriculteur, membre du groupe de travail et élu local sur la commune du Foeil, tout le monde serait gagnant, à la fois sur un plan économique (moins de trajets), sur le plan environnemental et de l’image ». Lui-même exploite, en Gaec à 4 associés, 165 ha sur 5 communes. « 72 ha sont à plus de 2 kilomètres. Mais l’essentiel se situe néanmoins entre 2 et 4 km ». Une situation loin d’être catastrophique, mais qui pourrait encore être améliorée.
Force est aussi de reconnaître que la démarche ne peut être que volontaire et qu’elle doit intégrer plusieurs paramètres : la multipropriété, les imbrications entre plusieurs exploitations qui nécessiteraient des échanges en cascade. Sans oublier parfois quelques vieilles rancoeurs qui peuvent altérer le processus.
Ensuite accompagner
« Certes ce n’est pas simple, mais pas impossible », poursuit Emmanuel Desdoigts qui ne veut pas brûler les étapes. Il sait que tout vouloir résoudre, c’est aller à l’échec. D’où cette volonté d’informer au travers des 3 réunions pour apporter des éléments concrets de réflexion aux agriculteurs. « Ils vont toucher du doigt la réalité de leur secteur. Des chiffres sur un sous-bassin versant du département (Le Kervulu) viendront illustrer les propos. Ils montrent des différences énormes de coûts à l’hectare en fonction des distances à parcourir ».
Conscients des inquiétudes des agriculteurs sur des aspects réglementaires (plans d’épandage, DPU, quotas laitiers), le groupe de travail a décidé d’associer les administrations concernées à l’information, ainsi que le représentant départemental de la propriété foncière, car sans l’aval des propriétaires, rien ne peut se faire. Dans la mesure où des groupes d’agriculteurs sur un secteur sont intéressés, il sera alors possible d’aller plus loin avec
l’accompagnement de la Chambre d’agriculture pour les aspects réglementaires, juridiques …
Pierre Dénès
Photo : Emmanuel Desdoigts, Chargé de développement local à la Chambre d’agriculture et Pascal Prido, agriculteur devant un plan qui illustre les distances moyennes entre les parcelles et les sièges d’exploitation.
Trois réunions pour s’informer
La Chambre propose de présenter le travail déjà effectué (repérage des parcelles, bourse d’échange, collaboration avec l’administration et les différents partenaires, etc.) et les possibilités d’accompagnement de la démarche concrète des échanges volontaires de parcelles agricoles, en propriété ou en jouissance au travers de 3 réunions d’information :
- le lundi 8 février 2010 à 14h00 à la salle de Carestiemble
à Saint Brandan ;
- le mardi 9 février 2010 à 14h00 à la mairie du Foeil ;
- le mercredi 10 février à 20h00 à la mairie du Leslay.