
Préoccupation centrale des producteurs adhérents, pour des raisons environnementales et de santé humaine, la diminution des intrants chimiques dans les cultures de plantes en pots et à massifs constitue un axe fort développé à la station d'expérimentation Stepp Bretagne, implantée au lycée Saint-Ilan à Langueux (22). "Nous travaillons sur des substrats organiques (compost par exemple) qui permettent de réduire l'utilisation d'engrais chimiques. Les engrais enrobés, à diffusion plus lente, restent pour le moment nécessaires", précise Oscar Stapel, directeur de la Stepp.
Des filtres régulateurs de croissance
Sur la maîtrise de la croissance aussi, des techniques innovantes ont été mises au point au sein de la station. "La modification de la lumière naturelle par l'utilisation de filtres lumineux permet de réduire la consommation en nanifiants chimiques", explique Oscar Stapel. Les bâches utilisées freinent la transmission de certains rayons lumineux et régulent ainsi la croissance des plantes. "Nous travaillons également sur le dosage et l'optimisation du positionnement des régulateurs chimiques (efficacité selon le stade), pour diminuer leur utilisation globale".
Depuis 1998, la protection biologique intégrée a sa place dans les programmes de recherche de la station, ayant recours aux insectes, nématodes et autres champignons. Plusieurs types de "phytostimulants" sont également évalués : ces composés naturels ou synthétiques déclenchent une réaction de résistance de la plante contre les maladies. "Ces produits peuvent par exemple contenir des algues ou des produits chimiques utilisés à très faible concentration…".
Une gamme variée et renouvelée
Outre ces réductions d'intrants, l'amélioration des techniques culturales reste primordiale à la Stepp. "L'influence du climat et de l'éclairage photosynthétique ou photopériodique sur la croissance et la floraison d'une culture donnée nous intéresse, d'autant plus dans un contexte de coûts élevés de l'énergie".
Offrir aux clients une gamme variée et renouvelée, souci constant des producteurs, constitue une autre orientation de la station : "Nous testons des espèces ou cultivars innovants et attractifs qui soient économiquement rentables, ainsi que des cultivars d'espèces classiques adaptés à des périodes inhabituelles de culture – qui seront commercialisés sur des périodes différentes. Les nouvelles présentations sont aussi expérimentées, par exemple des conteneurs biodégradables en fibre de bois, de coco ou en amidon de pomme de terre."
Agnès Cussonneau
Légende photo : Oscar Stapel, directeur de la station (à gauche), et Laurent Beunel, technicien.
En 2010, des expérimentations en tomate et fraise
Créée en 1995, la station compte 3 salariés à temps plein : un ingénieur et deux techniciens. Elle accueille aussi des élèves à l'occasion de cours, travaux pratiques et stages. Des ventes de plantes sont réalisées en collaboration avec Saint Ilan. En 2010, le partenariat s'est étendu avec la mise en place d'expérimentations en tomate et fraise, pour des fournisseurs privés, dans les serres du lycée. Les essais portent sur les variétés et les substrats. En horticulture, le programme d'expérimentation est défini au cours de réunions techniques avec les producteurs, puis validé par Astredhor.