
Pas facile d'enrayer un préjugé, surtout lorsqu'il est bien installé, comme celui qui dit qu'il ne faut pas aller travailler dans l'agriculture ou dans l'agroalimentaire. C'est bien ce à quoi s'est affairé – avec une certaine insistance – le directeur de la Draaf Louis Biannic, lors d'un point sur l'emploi le jeudi 28 à Rennes. "Certes certains métiers notamment ceux des abattoirs n'ont pas encore assez évolué, mais globalement il y a de l'attractivité dans l'agriculture et de l'agroalimentaire. Il faut travailler sur l'image de nos métiers, car un décalage persiste entre la réalité et ce que les gens imaginent", a-t-il martelé.
3000 emplois par an
Les deux secteurs peuvent en tout cas faire valoir le nombre d'emplois qu'ils ont à proposer en Bretagne : 3000 emplois en 2010 (et les années suivantes d'après les prospectives) en agriculture, et 3000 emplois en 2010 en agroalimentaire, dont 1000 correspondant à des créations de postes. Pour la majorité d'entre eux, il s'agit d'emplois durables (62 % des postes de salariés agricoles sont des CDI). Élément de séduction supplémentaire : "en agriculture, 2400 des emplois proposés seront qualifiés. Aujourd'hui, les niveaux de compétences sont de plus en plus élevés", a rappelé Daniel Even, secrétaire générale de la Chambre d'agriculture 22. Ce qui sous-tend des niveaux de responsabilités, d'autonomie, et probablement de salaire plus intéressants. "Par ailleurs, ont tenu à préciser la représentante du secteur agricole tout comme le président de l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires (ABEA) Olivier Clanchin, il existe de plus en plus de passerelles pour changer de métier et évoluer en cours de carrière." Dernier point, concernant l'agriculture : le secteur s'ouvre, puisque désormais 30 % des agriculteurs qui s'installent ne sont pas issus du milieu.
Des crises qui font fuir
Reste que, dans un contexte tel que celui que l'on vit actuellement, difficile de donner envie à des nouveaux venus de tenter l'expérience agricole. "Les crises sont un souci, a convenu Louis Biannic. Mais les besoins alimentaires seront toujours là, demain. La Bretagne doit désormais gagner en valeur ajoutée. D'où l'intérêt de développer de nouveaux créneaux, la recherche…" Pour le représentant de l'État, l'un des éléments clés qui permettra de répondre à la demande est le fait que l'offre de formation, en Bretagne, est très abondante. Le dispositif de l'enseignement agricole est prévu, dans la région, pour pouvoir accueillir 20 000 jeunes. À 90 %, ceux qui suivent ces formations trouvent un emploi.
Anne-Laure Lussou
Légende photo : "Il y a de l'attractivité dans les métiers de l'agriculture et de l'agroalimentaire", a martelé le directeur de la Draaf Louis Biannic, entouré de Daniel Even pour la Chambre d'agriculture et d'Olivier Clanchin pour l'ABEA.