
C'est en quelque sorte une reprise du lent déclin de la production de viande bovine qui devrait s'opérer, en France, en 2010. En 2009, le contexte laitier défavorable a enrayé le phénomène, avec une forte hausse des abattages de femelles, d’autant plus importante qu’elle avait été précédée d’une phase de rétention des cheptels. Mais cette hausse de volume a tout juste compensé un volume en net repli de jeunes bovins. "Après cette année un peu atypique de maintien de la production de viande bovine, 2010 devrait être marquée par le repli de l’offre dans l’ensemble des catégories, à l’exclusion du veau de boucherie", commente l'Institut de l'élevage. Au total, c’est un - 4% qui est attendu en production bovine sur l'année, avec une réduction sensible à partir du deuxième trimestre.
Pas assez de femelles allaitantes
En parallèle de la baisse à venir des abattages de femelles laitières, une légère hausse devrait être enregistrée en abattages de vaches allaitantes. Ces dernières années ont en effet été marquées par une petite recapitalisation allaitante, qui n'est cependant plus d'actualité. Mais, prévient l'Institut de l'élevage, "la disponibilité de femelles de type allaitant ne compensera pas la diminution de l’offre de type laitier : au total nous attendons une production de femelles inférieure de 3% à celle de 2009. Ces disponibilités accrues d’animaux de qualité aux dépens des conformations de type laitier pourraient contenir la tendance haussière des cours espérée pour les animaux et les muscles les mieux conformés".
JB : toujours en repli
Côté jeunes bovins, rien de mieux à espérer qu'en 2009, où la production a décru de 7 %. En 2010, les prévisionnistes tablent sur – 6 %. Ce qui reviendra à annuler, en deux ans, la progression enregistrée les deux années précédentes. Le contexte sanitaire explique en grande partie ces fluctuations. "Le haut niveau de production de 2008 a été le résultat d'une relance subie, effectuée par des naisseurs devenus naisseurs-engraisseurs du fait de la fermeture des frontières pour raisons sanitaires (FCO). Pour 2010 ce sont les problèmes de fécondité, de chute des naissances et de retards de vêlages constatés début 2009, qui seront à l’origine d’un recul de l’engraissement", anticipe l'Institut de l'élevage, "d’autant qu’en fin d’année 2009 les exportations de broutards vers l’Italie et l'Espagne ont été relativement nombreuses."
UE : recul aussi
Au sein de l'Union européenne, la production de viande bovine en 2010 s'inscrirait dans la tendance baissière de la dernière décennie (- 1 %). La consommation de viande, quant à elle, s'y est maintenue en 2009, mais la donne devrait être différente en 2010, avec une érosion de 0,5 à 1 % attendue. Les importations de viande en provenance du Mercosur reprennent (+ 10 %). De son côté la France renforce ses achats de viande de réforme en provenance de pays partenaires. D'où son déficit production / consommation qui pourrait friser les 10 %.
A. – L. L.
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