
Organiser le salon malgré la crise ou abandonner en attendant des jours meilleurs? Sylvie Robin, co-présidente du salon, et son équipe, ont tranché. "Il s'agit d'un investissement pour l'avenir. Bien sûr, il y a moins d'offres d'emplois dans l'immédiat, compte tenu de la conjoncture, mais il faudra de la main d'œuvre dans les prochaines années". Les 40 000 euros ont bien été investis, pour tenter de séduire quelques jeunes parmi le millier de visiteurs, scolaires ou demandeurs d'emploi. "2500 départs en retraite sont prévus d'ici à 2015, soit 500 chaque année. Les 150 installations ne suffiront pas à combler le retrait de main d'œuvre".
Aiguiller les jeunes
À l'entrée de la salle, où s'exposent les différentes organisations professionnelles et entreprises du secteur, la présidente s'active. "Nous contactons les jeunes demandeurs, individuellement, dès qu'ils arrivent. Ce premier contact nous permet de les aiguiller". David, 27 ans, chaudronnier de formation, en fait partie. "Je connais un peu le milieu rural et j'ai lu un article de presse annonçant le salon des métiers". Dirigé vers l'Association Emploi Formation (AEF), David ne rechignerait pas à entamer une formation continue pour adulte en production porcine. Demandeur d'emploi, il pourrait bénéficier d'un stage EMT (évaluation en milieu de travail), d'une dizaine de jours. Une bonne manière de découvrir un nouveau métier et d'évaluer ses compétences. Pôle Emploi signe, dans ce cas, une convention avec l'entreprise. "Nous avons un partenariat avec l'AEF. Nous disposons de leur fichier d'entrepreneurs". Un échange gagnant-gagnant, selon Annie Chesnel, responsable agriculture-industrie au Pôle Emploi du département. "Nous avons en permanence 400 jeunes, intéressés par les métiers de l'agriculture, de l'ostréiculture et du paysage".
L'alimentaire à la rescousse
Parmi eux, beaucoup de jeunes sont intéressés par les métiers du cheval. Un constat confirmé par Sylvie Robin. "C'est effectivement surprenant de voir le nombre de demandes de renseignements pour des installations en fermes équestres". Nombre de déceptions en perspective… La présidente ne s'inquiète pas de la faible affluence cette année. "Certaines écoles ont préféré annuler la visite au salon des métiers pour rattraper les cours, annulés en raison de l'épisode de neige". Reste que le recrutement en agriculture est toujours problématique. L'ouverture probable, dès l'an prochain, au secteur de l'agroalimentaire et de l'alimentaire permettra d'attirer de nouveaux visiteurs et pourquoi pas, de séduire des jeunes qui ont une image et des préjugés défavorables du milieu agricole.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Véronique, ancienne secrétaire commerciale, aujourd'hui embauchée en élevage de porcs, suite à une visite au premier salon des métiers et une formation à Crédin; Pascale, maraîchère après une formation pour adulte à Kerplouz, Sébastien, salarié agricole après un BTS et une licence et Stéphane, salarié pépiniériste, accueillaient les jeunes visiteurs à l'entrée du salon. Au centre: Sylvie Robin, co-présidente du salon.