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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 56 | Article n°10338 |
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Morbihan (56)
Évelyne et Marcel Le Strat à Réguiny / Une passion commune pour la sélection Prim'Holstein
 

On peut dire que ce sont les animaux qui nous ont mené aux concours et pas l'inverse". Guidés par leur passion des belles vaches, Évelyne et Marcel Le Strat ont patiemment sélectionné un troupeau homogène, de haut niveau morphologique. La participation aux premiers concours, il y a une quinzaine d'années, était une conséquence naturelle de ce travail. Les premiers prix également. "Nous n'avons pas fait d'achat d'animaux. Le choix des taureaux a été primordial". Aloma, Grande championne du dernier concours départemental à Pontivy, illustre parfaitement ce travail de longue haleine. Fille du taureau Allen et d'une vache primée à Paris dans sa section, elle est issue d'une lignée qui parcoure les prairies de Pont Hamon, à Réguiny, depuis plusieurs générations.


Meilleur élevage à Angers


La reconnaissance, au plus haut niveau, de la passion des éleveurs et de la qualité de leur travail, date du concours national d'Angers, en 2003. L'élevage Le Strat avait remporté le prix de meilleur élevage de France avec trois vaches en compétition. Chaque année, Marcel et Évelyne se font le devoir de participer au concours départemental. "Nous essayons de présenter trois animaux à Pontivy, chaque année, pour pouvoir prétendre au prix de groupe". Leur assiduité a été récompensée en 2000, 2004 et 2007 par l'obtention du prix de meilleur élevage du département. Avant tout, les concours permettent aux éleveurs d'échanger avec d'autres passionnés. "Sur le ring, c'est la compétition qui prime. Après le stress du classement, on passe de bons moments ensemble". Les époux Le Strat partagent également leur passion avec des proches. "C'est Sébastien David, commercial chez Semex, qui prépare nos animaux, depuis 12 ans". Et qui présentait Aloma sur le ring, cette année à Pontivy.


Morphologie canadienne


La sélection est d'abord axée sur l'amélioration des mamelles, devenues, au fil des années, le point fort du troupeau (+1,03 d'index). La recherche d'un bon type laitier vient en deuxième position. "Depuis l'origine, nous privilégions la génétique canadienne. Le potentiel laitier est peut-être un peu plus faible, mais les vaches sont solides et vieillissent bien". L'index morphologie est de 1,23. L'index lait n'est, pour autant, pas totalement négligé. Une attention particulière est portée au taux protéique. "Nous travaillons sur l'ensemble des animaux. Aucune souche ne s'est réellement imposée. Les origines sont diverses".
Le troupeau ne compte plus de mères à taureaux. Sans regrets, semble-t-il, pour les éleveurs. "Sur les mères à taureaux, nous ne maîtrisons pas les accouplements. Les centres d'inséminations imposent leurs choix. Ce sont rarement les nôtres car ils privilégient les index laitiers, au détriment de la morphologie". Deux mâles sont entrés en CIA, ces dernières années, l'un en Allemagne, l'autre à Génoe. Les transplantations embryonnaires ne sont donc pas nombreuses. "Trois en une dizaine d'années, dont deux à l'initiative d'un centre", précise Évelyne.


Ventes


Toutes les femelles nées sur l'élevage sont élevées. "Nous ne vendons que des vaches vêlées, en premières ou deuxième lactation, souvent à des éleveurs du secteur". Un contrôle de croissance est effectué sur les génisses. Elles sont inséminées à 400 kilos (vêlages après deux ans). Aliment du commerce et paille constituent leur ration jusqu'à six mois. Ensuite, elles consomment 1 à 1,2 kilo de concentré azoté, du maïs en quantité rationnée et de la paille à volonté. 
Les laitières logent en étable paillée pendant l'hiver. Elles ne sortent pas du 15 novembre au 15 février. La ration complète (mélangeuse) est distribuée à l'auge. Les prairies ne sont jamais fauchées. "Elles sont pâturées soit par les vaches, soit par les génisses. Nous ne faisons jamais de foin ou d'enrubanné. La paille est préférable pour des génisses". La ration des vaches taries est constituée de 7 à 8 kilos de matière sèche de maïs, de paille et de minéral. "Nous voulons éviter de trop engraisser les vaches avant vêlage pour les protéger des oedèmes mammaires". Qualité des mamelles oblige.


Bernard Laurent


 


Photo : Marcel Le Strat, devant Aloma (Allen x Aaron x Buster x Ugela x Inspiration), en troisième lactation, qui a déjà  une belle descendance: deux jumelles de Talent fraîchement vêlées, une de Pagewire (génisson) et une petite fille de Buckeye.







Ration hivernale des laitières

14 kilos de MS de maïs ensilage
2 kilos de maïs grain humide
4,5 kilos de concentré azoté
2 kilos de luzerne achetée
100 grammes de bicarbonate
200 grammes de vitazote









L'exploitation en bref

•390 000 litres de lait
•45 vaches en moyenne
•70 hectares de SAU
- 20 hectares de céréales vendues
- 35 hectares de maïs (vente de grains)
- 15 hectares de prairies (RGA)



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Date de l'article : semaine du N° du 29 Janvier au 4 Février 2010
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