
La tendance à vouloir réduire les coûts dans une entreprise est louable. Encore faut-il, lorsque l’on s’attaque au poste main-d’œuvre, ne pas se lancer dans des économies contreproductives. Car diminuer la main d’œuvre et donc alourdir la charge de ceux qui restent peut aussi se traduire par une baisse de la performance.
André Corlay, responsable du service conseil en entreprise de la Chambre d’agriculture, a d’ailleurs montré lors de cette soirée que les prix de revient du kilo de porc entre des exploitations employant de la main-d’œuvre familiale ou salariée étaient très proches. Par contre l’incidence d’une variation de performance technique est importante. Ainsi dans un élevage de 300 truies avec un prix de revient = au prix de vente, un porc en moins représente 15 000 euros et un point d’indice 17 000 euros. Un appel à la prudence donc avant de décider.
Alors que faire, quand les temps sont durs. Certes les solutions, du type licenciement économique ou chômage partiel peuvent s’imposer. Cathy Le Quellec a détaillé les différents dispositifs, incitant les employeurs à bien se renseigner avant d’agir. Sans doute en ayant à l’esprit la reprise.
Les atouts de la formation
D’autres leviers existent comme la formation, le temps partagé, des voies à explorer en priorité. Gaël Lemétayer, directeur régional du Fafsea (Fonds de formation des salariés agricoles), a présenté les différentes possibilités qui s’offraient, en insistant sur les accompagnements financiers. Plusieurs intervenants de la salle ont regretté que de moins en moins de salariés allaient en formation, moins de un sur dix. « Pourtant un droit, rappelle Jo Pennors, élu salarié de la Chambre, pour qui la formation est un atout pour les entreprises ». Encore faut-il qu’ils intègrent la dimension salariale comme un investissement et non comme un coût.
Mickaël Alexandre, animateur de Terralliance, le groupement d’employeur, a quant à lui présenté la solution du temps partagé. Le dispositif a permis la création d’une trentaine d’emplois (équivalent temps plein) auprès de 85 exploitations adhérentes. En 2009, le système a testé en période de crise et surtout démontré son intérêt : flexible pour les employeurs, sécurisant pour les salariés. « Les demandes de réduction d’activité, d’arrêts de mise à disposition ont pu être gérées sans affecter l’emploi. Aucune diminution du temps de travail, aucun licenciement ».
L’expérience des autres secteurs d’activité mérite aussi d’être souligné. Anne-Françoise Angouillant est responsable du Codafe 22, un dispositif partenarial et conjoncturel qui fédère, met en synergie et coordonne de nombreux organismes paritaires ainsi que des acteurs publics ou para-publics. « Il s’agit d’apporter avec efficacité et réactivité des solutions en ressources humaines aux entreprises costarmoricaines en sous-activité" autour de trois objectifs : maintenir des emplois et les compétences dans les entreprises, maîtriser des conséquences sociales de la sous-activité, dynamiser l'évolution des compétences pour préparer la reprise économique ». Les solutions proposées sont des formations très diversifiées, des bilans de compétences, des diagnostics d’évolution, de l’aide à l'élaboration d'un projet professionnel.
En conclusion, Christian Moysan, président de la commission employeurs de la FDSEA 22 a souhaité que plus d’employeurs s’engagent au sein de la commission.
Pierre Dénès