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CULTURES / Virus, bactéries, champignons de quarantaine - Un labo ultra sécurisé pour les pathogènes
 

Jeudi 21 janvier, les responsables de la filière légumière bretonne sont venus nombreux inaugurer comme il se doit le nouveau laboratoire de pathologie végétale de BBV (Bretagne Biotechnologie Végétale), situé à Saint-Pol-de-Léon dans le Finistère. Le nouvel outil respectant les normes de sécurité niveau 3 (NS3) permettra aux scientifiques de travailler en toute sécurité sur les pathogènes de quarantaine : ces virus, bactéries, champignons, adventices… particulièrement destructeurs, qui ne sont pas encore installés sur le territoire.
Leur pression se fait plus importante du fait des échanges internationaux croissants et du réchauffement climatique, à l'image du virus de la mosaïque du "pépino" qui soucie les producteurs de tomates depuis 2000. "Parfois, les producteurs sont obligés de détruire leurs cultures contaminées par ces pathogènes de quarantaine", précise Jacques Edern, président de BBV.


Tomates, pommes de terre, horticulture


Le laboratoire NS3, outil unique en Bretagne, s'adressera en particulier aux filières tomates, pommes de terre et plantes ornementales. Firmes agrochimiques et semenciers pourront aussi être clients. "Le laboratoire permettra entre autres choses de réaliser des diagnostics d'agents pathogènes sur plantes ou semences. Nous pourrons aussi y étudier le cycle des maladies. Et évaluer la résistance des variétés, les produits chimiques ou alternatifs préventifs, les désinfectants de serres et outils…", explique Sonia Hallier, responsable pathologie végétale à BBV. Pas de pitié pour le "pépino", mais aussi le chancre bactérien de la tomate, la rouille blanche du chrysanthème ou encore le mildiou du tournesol…


Sécurité pour les cultures et pour le personnel


De nombreuses mesures de confinement annihilent le risque de contamination des cultures environnantes. Et le personnel travaille en toute sécurité dans le laboratoire. "L'entrée se fait par trois sas, le premier en pression atmosphérique, le deuxième en surpression. Le troisième sas et le laboratoire sont en sous-pression. Les flux de personnel dans le labo sont tracés par informatique et l'air y est continuellement filtré avec une désinfection des effluents. Le personnel travaille avec des combinaisons. En cas de problème de contamination, une douche est possible avant de sortir", note Sonia Hallier.
"Les déchets solides (plantes, terreaux…) sont stérilisés via un autoclave et récupérés dans un local technique extérieur au laboratoire. Les liquides sont aussi stérilisés chimiquement avant d'être évacués", ajoute Daniel Le Corre, expert en virologie et bactériologie végétales, qui a mené à terme le projet.
D'une surface de 91 m2, le laboratoire est équipé d'une hotte à flux laminaire qui permet de travailler en conditions stériles, et d'une hotte chimique pour les expérimentations phytosanitaires. Ont aussi été installés un microscope, une loupe binoculaire, une centrifugeuse. Deux chambres de culture climatisées jouxtent la pièce de travail.
Soutenu financièrement par le Conseil régional, le Feder, le Conseil général du Finistère, l'Etat, le Cerafel et le Crédit Agricole (Ideca 29), le laboratoire, qui a coûté plus de 800 000 euros, va permettre à BBV de compléter son offre et de renforcer l'innovation et la compétitivité des filières végétales de la région et d'ailleurs.


Agnès Cussonneau


 


Photo : Serge Mabeau, directeur de BBV, et Sonia Hallier, responsable pathologie végétale, devant le nouveau laboratoire NS3.



 




 


20 ans au service des légumiers bretons

Le centre de ressources technologiques BBV a été créé en 1989, à l'initiative des producteurs de légumes de Bretagne, des collectivités et de l'Etat. Concernant la filière régionale, BBV a pour missions l'appui à la création variétale, les nouvelles méthodes de lutte contre les maladies et la valorisation sensorielle et nutritionnelle des productions. Démarrés en 1995, les projets concernant les autres filières végétales sont en progression. Ils concernent les empreintes génétiques des végétaux et de leurs pathogènes, les techniques de cultures in vitro, les stimulateurs des défenses des plantes et la désinfection des serres et outils de production. BBV travaille plus de 50 espèces en tout. En 2010, le centre pourrait changer de nom pour être rebaptisé "Vegenov".



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Date de l'article : semaine du N° du 29 Janvier au 4 Février 2010
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