Après le séisme, l’urgence est ailleurs. Sans doute. Mais il faut dès maintenant penser à reconstruire l’agriculture du pays. Une agriculture qui ne contribue que pour 28% à l’économie haïtienne, mais qui occupe 65% des actifs. Cette agriculture vivrière contribue à stabiliser les populations rurales et à répondre à une démographie en forte croissance. Le redressement d’Haïti passe par « le relèvement de l’agriculture et l’appui international » a estimé Jacques Diouf, directeur général de la FAO, l’organisation de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture dont Luc Guyau est le nouveau président. Il faut rappeler que Haïti a connu les émeutes de la faim en 2008. À Port-au-Prince, les Haïtiens étaient descendus dans la rue. Comme si un malheur ne suffisait pas, l’île est exposée aux tempêtes tropicales qui peuvent dévaster les récoltes et les stocks de semences. Un programme d’aide à l’agriculture vivrière était déjà mis en oeuvre par la FAO depuis 2004. Des ONG y travaillent. Mais aujourd’hui il va falloir faire vite car les semis doivent se faire en mars. Semences de haricots, pois et maïs, engrais et outils seront rapidement nécessaires. Après l’afflux indispensable d’aides alimentaires pour parer à l’urgence, il faut espérer « que cette nourriture, ils l’auront eux-mêmes produite » espérait la chef des opérations d’urgence à la FAO. Seule un peu plus de la moitié des besoins de subsistance est produite par les paysans locaux. Absence ce politique de développement agricole cohérente, manque d’encadrement technique et faiblesse des organisations paysannes, tel était le constat fait par une ONG avant le séisme. Aujourd’hui, un nouveau départ est attendu.