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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Ovins | Article n°10323 |
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Ovins / Un pas vers la contractualisation - La filière ovine cherche un second souffle
 

En 2008, le plan de relance ovine avait mis l'accent sur l'amont de la filière en privilégiant la formation des éleveurs. Par le Plan de Reconquête de 2009, les professionnels veulent donner un nouvel élan à la production, car il y a un réel souci de renouvellement des éleveurs. Le rééquilibrage des aides ovines dans le cadre de la réforme de la Pac offre de nouvelles opportunités. D'ici la fin des aides, en 2013, le délai est court pour dégager plus de valeur ajoutée dans les élevages.


Bien présent dans les linéaires


L'organisation économique de la filière ovine est aussi un vaste chantier car trois opérations doivent être menées de front. Il faut d'abord faire en sorte que l'agneau ne disparaisse pas des linéaires des grandes surfaces et soit au contraire bien présent toute l'année, particulièrement lors des périodes de forte consommation. Le taux d'autosuffisance français est de 40 %. C'est un combat de fond que la filière mène avec les Anglais et les Irlandais.
L'agneau français n'est pas un produit de luxe, ni un produit rare et encore moins un produit de musée. Nos voisins britanniques ont pris de l'avance en mettant en marché de nouvelles préparations type hachés ou émincés qui prennent leur place dans les rayons. L'interprofession ovine a lancé, en liaison avec les homologues britanniques, la campagne "Agneau Presto" correspondant à des petites portions rapides et faciles à préparer (tranches de gigot, viande hachée, carpaccio, boulettes de viande…).


Prévoir les mises en marché


Le deuxième axe de travail concerne la prévision des quantités d'agneaux mises en marché. Des opérations de communication menées en 2009 n'ont pas donné les résultats escomptés car à certaines périodes, les volumes n'étaient pas au rendez-vous alors qu'à d'autres moments, il fallait faire face à des excédents.
Pour négocier dans de bonnes conditions avec les grandes surfaces, il faut connaître, 4 à 6 mois à l'avance, les quantités à commercialiser. L'absence de vision à long terme est préjudiciable à la filière. Ceci devrait évoluer avec l'obligation pour les éleveurs de fournir un prévisionnel des ventes, pour bénéficier de l'aide complémentaire Pac de 3 euros/brebis.


Vers une contractualisation


C'est l'amorce d'une contractualisation, avec un peu de souplesse car il peut y avoir des décalages dans les mises-bas. Pour maintenir leur cheptel, une majorité d'éleveurs sont également prêts à améliorer la productivité de leur troupeau et la saisonnalité de la production par rapport à la demande, en contrepartie d'un prix garanti. La région est le meilleur niveau pour bien cerner les quantités et valoriser l'agneau de proximité.
Dans les campagnes de communication, les signes de qualité ont été mis en avant, notamment le Label rouge, l'IGP, la CCP. Les abattoirs se sont heurtés à un réel problème de disponibilité. Les quantités n'étaient pas été au rendez-vous. Si la demande des consommateurs va vers ce type de produits, il faut un "plan de conviction" pour que les éleveurs produisent plus d'agneaux sous signe de qualité. 

Patrick Bégos


Photo : La meilleure prévision des abattages est l'une des clés pour maintenir le potentiel d'élevages ovins.





Cibler les jeunes


La viande d'agneau consommée en France représente moins de 5 % du total des viandes. Le français consomme en moyenne 4 kg/an. Le taux de pénétration, c'est à dire le nombre de personnes qui achètent, est 58 % contre 67 % en 2000. Cette perte de 9 % en 9 ans correspond à 250 000 ménages qui ne consomment plus ce type de viande. Pour l'ensemble des viandes, en 2009, le niveau de consommation a baissé de 0,4 % en volume et de 2,1 % en valeur, par rapport à 2008. La viande d'agneau s'en sort mieux avec une stabilité en volume et une perte de chiffre d'affaires de seulement 0,3 %.
Qui achète de la viande d'agneau ? Ce sont surtout des ménages ayant plus de 50 ans et une situation aisée. Les moins de 30 ans consomment peu et l'écart à tendance à se renforcer. La filière continue à perdre des volumes dans la clientèle jeune. En proposant des produits innovants dans le cadre de la démarche "agneau Presto", la filière espère intéresser davantage cette catégorie. 



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Date de l'article : semaine du N° du 29 Janvier au 4 Février 2010
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