Selon Jean-Michel Serres, s’exprimant lors d’une conférence de presse de la FNP, « 2009 a été une année de déception pour les éleveurs ». « On s’attendait à une reprise des cours en 2009, a expliqué Jean-Michel Serres, mais les trésoreries se sont dégradées en automne. » Selon le syndicaliste, le potentiel de production français aurait baissé de 1,5% en 2009 par rapport à 2008, et de 1% pour Uniporc Ouest. « L’état des lieux n’est pas encourageant, a-t-il ajouté. Les éleveurs français sont moins payés et la France creuse son déficit commercial. »
Pour la FNP et Uniporc Ouest, elle découle notamment des distorsions de concurrence en Europe. « L’industrie allemande est en train de devenir le nouveau négrier de l’Europe », a déploré Paul Auffray, secrétaire général de la FNP. Le coût de la main-d’oeuvre serait l’explication. « En Allemagne, le coût moyen horaire de l’abattoir est de 12 euros, en France, il est à 18 euros », explique Jeff Trebaol, vice-président de la FNP. Autre raison invoquée : la situation géographique de la France. « La France est en train de devenir un pays périphérique par rapport aux pays de l’Est et la Russie, premier débouché pour la filière. En termes de transport, l’Allemagne est avantagée. Pour faire Paris-Berlin, cela coûte 10 à 12 centimes. En partant directement de Berlin, on est au point zéro », explique Jeff Trebaol. Une perte de compétitivité qui va de pair avec un manque de soutien, selon la FNP. « On n’a pas de visibilité aujourd’hui », a expliqué Jean Michel Serres à propos du plan de soutien à l’agriculture du président de la République.
L'avis de Jean-Michel Serres, Président de la FNP
« Il faut obliger les abattoirs à aller chercher les porcs au MPB »
La FNP entend bien commencer à remédier à ce qu’il qualifie de « mauvais fonctionnement de la filière » via le regroupement de l’offre. Selon Jean Michel Serres, il faut « redonner du souffle au MPB (Marché du porc breton). Il faudrait un regroupement de 60% de l’offre du Grand-ouest au MPB. Actuellement, l’abattoir a une certaine sécurité et n’a pas besoin de se battre et de faire des enchères. Il va chercher les porcs directement dans les élevages. Il faut obliger les abattoirs à aller chercher les porcs au MPB et non pas directement dans les élevages. La balle est désormais dans le camp des groupements de producteurs, il faut qu’il se dégage de l’aval. »