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Correction des rations en élevage laitier / Les drêches manquent de pêche
 

Un essai d’Evialis et de l’Institut La Salle (Beauvais) a cherché à comparer l’effet de la distribution d’un aliment complémentaire maximisé en drêches de blé à des sources de protéines classiques (colza/soja). Pendant trois semaines, deux lots de 23 vaches en lactation ont reçu une ration à base de maïs ensilage, complétée d’un aliment unique minéralisé formulé à 0,87 UF, 237 PDIN et 168 PDIE/kg brut. Les deux lots de vaches ont reçu alternativement ces deux aliments.


Moins de lait


Au cours de cet expérimentation, quatre fabrications d’aliment « essai » ont été réalisées, utilisant quatre lots différents de drêches de blé. « Les analyses biochimiques ont montré une variabilité non négligeable des valeurs de digestibilité induisant des écarts de valorisation UFL et PDI », notent les responsables de l’étude. Et d’ajouter : « Ces écarts se sont retrouvés sur les valeurs d’analyse des aliments « essai » fabriqués (+/- 15% pour les PDIA ; +/- 8% pour les PDIE) induisant un écart d’apport de PDI des rations, globalement en faveur du lot « essai » (+ 72 g de PDIE) ».
En termes de performances laitières, les résultats des analyses ont mis en évidence une quantité de concentrés ingérée significativement plus faible avec l’aliment « essai » contenant de la drêche. La quantité de lait produite (corrigée des effets animal, stade de lactation et nombre de traites) était également significativement inférieure lorsque le concentré contenait de la drêche.
Le TB était similaire avec les deux concentrés, alors que le TP et le taux d’urée du lait étaient également inférieurs avec l’aliment « essai » (respectivement -0,5 point et -40 mg/kg).


Surestimation de la valorisation


« L’écart de production laitière observé dans cet essai pourrait être a priori entièrement expliqué par l’écart d’ingestion du concentré », notent les partenaires de l’étude. « Cela étant, le fait que le taux d’urée est plus faible avec l’aliment contenant  de la drêche pourrait également laisser penser à une surestimation de la valorisation protéique de la drêche utilisée pour la formulation de l’aliment (valeurs tables Inra 2007) ».
La baisse du TP observée pourrait être liée au fait que la ration contenant l’aliment « essai », de par sa richesse en drêches, avait une teneur en lysine digestible plus faible que celle contenant de l’aliment témoin (6% des PDIE) soit largement en dessous des apports recommandés (6,8% des PDIE).
Pour conclure, les responsables de cet essai estiment, qu’au vu de ces résultats, « il semble que l’apport de 1,6 kg/VL/jour de drêches de blé via le concentré puisse avoir un effet d’inappétence, induisant des diminutions d’ingestion et de production laitière ». (NDLR : sur le terrain, certains utilisateurs distribuent plus de 5 kg par jour et par vache laitière, soit nettement plus que les recommandations). Et d’ajouter : « De plus, au vu de la variabilité des valeurs nutritionnelles des drêches observée, il semble délicat de prendre en compte une valeur nutritionnelle fixe pour cette matière première dans la formulation des aliments ».

D. Le Du





1 tonne de blé = 300 kg de drêches

Les drêches de blé sont principalement issues des usines d’éthanol. Chaque tonne travaillée produit environ 300 kg de drêches. Chaque usine a son process de fabrication, ce qui conduit à une drêche différente.
Le taux de protéines brutes varie énormément en fonction du procédé de fabrication (20 à 36 %). Entre autres, les conditions de séchage plus ou moins violentes entraînent des variations de valeurs azotées. Les drêches de blé ont une bonne valeur énergétique de l'ordre de 1,09 UFL/kg de MS, mais une variabilité est également observée.
Si l'utilisation des drêches de blé comme sources de protéines peut être envisagée, il ne faudra pas oublier qu'elles renforcent le déficit en lysine des rations riches en céréales (concentré et ensilage de maïs).
Compte tenu que les blés trop contaminés pour être utilisés en alimentation (par les mycotoxines, en particulier de fusarium), risquent d'être davantage dirigés vers la fabrication de bioéthanol, il faut être vigilant quant à la teneur en mycotoxines de ces coproduits.



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Date de l'article : semaine du N° du 29 Janvier au 4 Février 2010
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