
C'est un petit équipement qui ne prend pas beaucoup de place, au sein de la salle de traite, mais qui permet sa part d'économie, à l'heure où chacune d'elle est bonne à prendre. En moyenne, on considère qu'un pré-refroidisseur de lait permet d'économiser 40 à 50 % de la consommation électrique du tank. Placé entre la pompe à lait et le tank, il abaisse en effet la température du lait de 10 à 20°C, au moyen d'un échangeur de chaleur eau / lait. Le tank met alors moins de temps pour refroidir le lait. Et consomme d'autant moins d'électricité. Quant à l'eau chaude récupérée, elle peut servir soit à l'abreuvement des animaux, soit au premier rinçage de l’installation de traite, soit au lavage des quais. Rien ne se perd, donc.
Deux types
Un éleveur choisissant de s'équiper a aujourd'hui le choix entre un pré-refroidisseur tubulaire, avec des tubes dans lesquels l'eau et le lait circulent à contre-courant, et un pré-refroidisseur à plaques, contenant un empilement de plaques entre lesquelles l'eau et le lait circulent, toujours à contre-courant. Le premier système a l'avantage de ne nécessiter que peu d'entretien, tandis que le second, plus facilement modulable, implique un entretien régulier indispensable. Pour réussir l’intégration du pré-refroidisseur, il est important de choisir un modèle adapté au volume de lait par traite, se renseigner sur la capacité de sa pompe à lait et avoir un débit d'eau disponible suffisant. Il faut également veiller à maintenir un lavage efficace en ajustant la quantité d’eau et disposer d’une couverture en eau chaude suffisante. La mise en place d’un By Pas peut s’avérer nécessaire. Côté coût de l'équipement, la Chambre d'agriculture annonce un tarif pouvant varier de 3 à 8000 euros, suivant la taille de l'installation, mais il faut tenir compte du coup de pouce que représentent les aides (lire ci-contre).
Le critère clé que chacun doit ajuster est le rapport quantité d'eau / quantité de lait. Au sein du Gaec du Plessis d'en Haut (480 000 litres de lait, un robot, un tank de 4500 litres) à Hillion, le rapport optimum eau / lait a été de 1,6. L'économie d'électricité, en utilisant le pré-refroidisseur pendant 8 jours, a été de 38 %. Enfin, le système y est d'autant plus avantageux que l'eau tiédie y est valorisée (à 100 % en eau de boisson).
Anne-Laure Lussou
Photo : Lors de la porte ouverte d'Hillion, lundi 18, où était présenté un pré-refroidisseur tubulaire.
40 % d'aide (matériel et pose)
Le pré-refroidisseur est actuellement encouragé dans le cadre d'un programme régional de soutien aux investissements animé par le GIE Lait-viande. Ses financeurs principaux : l'Ademe, la Région et les Conseils généraux. L'aide accordée atteint 40 % de l'investissement, à condition que celui-ci soit agréé par le GIE. Le nombre de dossiers de demande est en augmentation mais, précise Mélanie Loobuyck, animatrice du GIE, "le programme court sur 5 ans, il y a possibilité de bien raisonner son investissement". L'objectif de la filière est en effet de faire en sorte que chaque élément soit connu pour ses performances. Les différents modèles commercialisés sur le marché français sont actuellement en cours d'évaluation au Pôle Cristal (Centre technique spécialisé dans les technologies du froid et de la climatisation) de Dinan.