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Sommaire | " ENERGIES " | Article n°10312 |
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PHOTOVOLTAÏQUE / L'arrêté précisant les nouveaux tarifs de rachat est sorti - Un changement de donne pour la filière
 

Attendu depuis des mois, l'arrêté précisant les nouveaux tarifs de rachat de l'électricité d'origine photovoltaïque est enfin paru le 12 janvier mais son interprétation donne encore lieu, à ce jour, à des ajustements. Désormais, seules les installations "intégrées" sur les bâtis agricoles déjà "existants" bénéficieront du tarif le plus intéressant, soit 50 centimes d'euro / kWh (contre 60 précédemment). Les installations sur bâti avec intégration simplifiée, pour leur part, se verront attribuer un nouveau tarif, de 42 centimes. "Cela signifie que, pour bénéficier du meilleur tarif, il faudra que les panneaux installés sur les bâtiments assurent leur étanchéité", précise Annie Charter, responsable régional sur ce sujet pour les Chambres d'agriculture. Or, jusqu'à présent, cette notion d'étanchéité n'était pas impérative. Les panneaux pouvaient être posés sur bac alu ou bac acier par exemple, ce qui avait pour avantage majeur de les protéger de différents éléments comme les émanations d'ammoniac. Désormais, une autre façon de protéger les panneaux sera donc à trouver. À noter que, pour l'heure, ce sont les installateurs eux-mêmes qui fournissent les certificats d'intégration des panneaux au bâti, et non un organisme certificateur extérieur.


Rentabilité revue


La conséquence immédiate de cette évolution tarifaire est bien entendu la baisse de rentabilité des projets. Force est de constater que le photovoltaïque n'est décidément pas, ou en tout cas plus, la poule aux œufs d'or. Terminés les temps bénis de la fin 2009. "La baisse de produit liée au rachat de l'électricité, pour un projet de taille 36 kW, atteint 34 000 euros sur 10 ans, chiffre Annie Charter. Il faudra aussi, sans doute, augmenter la durée d'amortissement du prêt bancaire, pour passer à 15 ans. En fait, on revient à une rentabilité comparable à celle que l'on pouvait obtenir au lancement de la filière, en 2007."
Faut-il pour autant faire une croix sur les projets photovoltaïques sur bâtiments agricoles ? "En fait, pour compenser la baisse de tarif, il faut tabler sur une diminution du prix des modules", anticipe Annie Charter. Une baisse de 13 %, déjà, serait bienvenue et ne semble pas complètement hors de portée. Mais il faudra alors bien veiller au maintien de la qualité des composants (panneau, onduleur…). L'autre façon de tirer son épingle du jeu, avec ces nouveaux tarifs, sera de tabler sur des projets de puissance importante, qui continueront de garder un intérêt économique. Encore faut-il pouvoir dégager la trésorerie suffisante et obtenir les financements bancaires.


Solaire au sol : en débat


L'arrêté du 12 janvier attribue, enfin, un tarif pour les installations photovoltaïques au sol variant de 31,4 à 37 centimes. Ce qui fait rugir l'APCA : "la différence entre les 42 centimes et les 31 amènera les porteurs de projets à se diriger préférentiellement sur des centrales au sol, ce qui va complètement à l'encontre des objectifs de préservation du foncier agricole prévus dans la LMA". En Bretagne, on regrette aussi cette évolution, tout au moins dans les zones où la pression foncière est déjà forte. C'est, en fait, une nouvelle orientation de la filière photovoltaïque qui est à dessiner. Mais il fallait s'y attendre.

Anne-Laure Lussou


 


Photo : Le changement de tarif entraîne la révision à la baisse de la rentabilité des projets.







"Encore un marché qui risque de nous filer entre les doigts"

Dans les Côtes d'Armor, département breton leader pour son nombre d'installations photovoltaïques, on tonne contre le nouvel arrêté. Un projet de lettre, signé de la Chambre d'agriculture, des JA et de la FDSEA pour protester contre l'évolution baissière, était d'ailleurs prévu pour partir le 12. "On avait réussi à mettre en place une dynamique, avec plusieurs groupes d'agriculteurs partie prenante, et un véritable développement local. Désormais, on risque de voir filer la valeur ajoutée permise par cette filière, comme cela a été le cas pour l'éolien", soupire Jean-Jacques René, élu en charge du sujet pour la Chambre d'agriculture. Pour ce dernier, l'évolution est d'autant plus dommageable que la Bretagne a un statut particulier de région très dépendante en énergie. Désireuse de contre-attaquer, la profession réclame, dans un premier temps, l'annulation de la rétroactivité de la mesure, afin que les agriculteurs ayant fait leur demande d'achat de l'électricité depuis novembre puissent bénéficier de l'ancien tarif.



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Date de l'article : semaine du N° du 22 au 28 Janvier 2010
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