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CÉRÉALES / Retard de semis - On peut encore semer du blé
 

Des parcelles destinées à la culture de blé n'ont pas pu être semées, fin 2009, à cause des conditions climatiques. Sauf situation particulière, on peut encore semer du blé, les besoins en vernalisation pour la montée à épi seront satisfaits. En revanche, il convient d’éviter les variétés trop tardives.


Peu d'incidence sur la vernalisation


La vernalisation est un processus indispensable et préalable au passage de l’état végétatif à l’état floral. Il est acquis par un séjour de la plante à des températures basses, l’optimum se situant entre 3°C et 11°C. Au-delà, le processus est acquis d’autant plus lentement que la température s’éloigne de ces 2 seuils, pour s’annuler à des températures supérieures à 17°C ou inférieures à - 4°C.
Selon les variétés de blé, les besoins en jours de vernalisation varient de 15 jours (variétés alternatives) à 60 jours (variétés très hiver). Cette caractéristique variétale est décrite par une note d'alternativité donnée par le GEVES. Les variétés de blé sont classées de très hiver à alternatives, puis de printemps. La durée de vernalisation s’avère la plus courte et la moins modifiée par la date de semis dans une région comme la Bretagne, sous forte influence océanique : la température reste très fréquemment comprise dans la plage idéale 3-10°C.


Variétés précoces et demi-précoces


Les conditions au moment des semis sont cruciales pour assurer un enracinement satisfaisant. En janvier, il est encore possible de semer pratiquement toutes les variétés de blé tendre, d’orge ou de triticale. La question devient plus délicate à partir de fin janvier et au mois de février. A partir de cette période, il faut s’assurer que les besoins en vernalisation de la variété pourront être satisfaits.
Attention aux semis d’orge d’hiver. Cette espèce est plus sensible au froid. Elle est également très sensible à l’anoxie racinaire (manque d’oxygénation des racines lié à un excès hydrique ou une structure de sol dégradée). Le triticale est moins sensible que les autres espèces en situation d’asphyxie temporaire.
Pour les semis de janvier, on privilégiera les variétés précoces et demi-précoces, en évitant les variétés tardives et très tardives pour limiter les risques d’exposition à la sécheresse et aux fortes températures qui peuvent intervenir en fin de cycle (cela n’a pas été le cas au cours des 2 dernières campagnes).
Entre fin janvier et début février, il ne faut plus semer les variétés hiver à très hiver comme Aldric, Chevalier, Charger, Caphorn, Cordiale, Euclide, Expert, Instinct, Limes, Mercato, Premio, Rustic, Sankara.
Les variétés 1/2 hiver comme Apache, Aubusson, Soissons, Isengrain, Orvantis ou Mendel peuvent être encore semées.De mi-février à début-mars, il est plus prudent de s’orienter vers des variétés plus alternatives, comme Altamira ou PR22R58, ou semer de l’orge de printemps.


Semer plus dense


Les densités de semis doivent être ajustées à la hausse. Les densités de 300 à 330 grains/m2, en conditions favorables, devront être majorées de 10 à 20 % en conditions de semis moins favorables. Il vaut mieux privilégier des semis un peu plus tardifs avec des conditions d’implantation favorables que des semis réalisés plus tôt, mais "en force". L’enracinement sera meilleur et la culture moins sensible aux stress hydriques. La levée est plus longue en semis tardifs et les pertes seront plus conséquentes.
Le stade levée est atteint lorsque la culture a reçu une somme de température base 0°C égale à 150°C. Pour mémoire, certains semis tardifs de décembre 2008 et janvier 2009, ont mis 40 jours à lever. Les besoins en azote devront être réajustés en fonction d’un potentiel altéré. La protection fongicide pourra être allégée, compte tenu d’un cycle plus court qui devrait se traduire par une pression plus faible des maladies. Il conviendra de suivre l’évolution des maladies dans ce contexte pour limiter éventuellement le nombre de traitement.
 
Source Arvalis


 


Photo : Il est préférable de privilégier des conditions d'implantation favorables plutôt que de vouloir semer "en force".   

 






Un potentiel réduit

En Bretagne, les pertes de rendement liées à un semis tardif sont globalement inférieures à celles subies dans les autres régions. Ceci s’explique par l’absence de grand froid durant la période hivernale (les températures accumulées pendant la phase de tallage sont rarement limitantes) et par les températures modérées, lors de la phase de remplissage du grain, période critique vis à vis de l’échaudage.
Par comparaison avec un semis de début novembre, des expérimentations Arvalis ont montré :
- Pour des semis du 1er au 20 décembre, des pertes de rendement voisines de 8 %.(synthèse 14
essais Arvalis Bretagne)
- Pour des semis de début février à fin mars, des pertes de rendement qui varient entre 20 % et
40% selon les espèces et les années. Les pénalités sont, en tendance, plus faibles sur le littoral Nord où les contraintes climatiques sont faibles, et plus élevées sur le bassin de Rennes et en Bretagne Sud.
Ces pertes pourront être moins importantes si les conditions climatiques courant montaison et de fin de cycle sont plutôt favorables, ou au contraire plus élevées si la fin de cycle est sèche et chaude.



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Date de l'article : semaine du N° du 22 au 28 Janvier 2010
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