
Serge et Nathalie Louis, éleveurs de porcs à Saint Nicolas-du-Pélem, font partie de ces agriculteurs qui ont vu l’un de leurs bâtiments (un atelier de gestantes) s’effondrer sous le poids de la neige. « Heureusement nous avons réussi à sauver les truies et à stabiliser le bâtiment », explique Serge Louis. Cependant faute de place quelques truies sont restées dans le bâtiment dont la toiture est éventrée. « Nous avons augmenté un peu la ration et le soir nous chauffons avec de l’air pulsé ». L’expert de l’assurance est déjà passé et le verdict semble sans appel. « Il faudra raser et reconstruire ».
Un exemple parmi tant d’autres qui illustre la gravité de la situation. « Le secteur de l’élevage déjà en difficulté économique n’avait pas besoin d’une telle catastrophe », ont expliqué les responsables agricoles professionnels (FDSEA-Jeunes Agriculteurs) du Centre Bretagne au Sous-Préfet de Guingamp et aux élus (maires, conseil général, parlementaires) vendredi 15 janvier. Certes la situation commençait à s’améliorer et les réseaux routiers finissaient de se dégager, mais le manteau neigeux était encore épais.
L’état de catastrophe naturel demandé
Une rencontre en mairie de Saint Nicolas-du-Pélem suivie de la visite de deux exploitations sinistrées a permis de faire le point. Le message professionnel est clair. « Les pouvoirs publics doivent dégager les moyens pour une indemnisation totale des dégâts et perte de production », insiste Jean-Jacques Poézévara, président de la FDSEA. Il demande que l’état de catastrophe naturel soit décrété. Le Sous-Préfet s’est engagé à faire remonter les demandes, en soulignant que les services du ministère étaient déjà sensibilisés.
Dans un communiqué, la Confédération Paysanne stipule que « suite aux démarches engagées, auprès de la direction d’Entremont Alliance le lait apporté par les éleveurs aux points de ramassage collectifs sera payé selon les termes de l’accord interprofessionnel ». De même, ils demandent que le lait non collecté que les éleveurs ont du jeter doit être payé au même niveau sur la base des quantités livrées sur la période précédent les intempéries.
Pierre Dénès
Photo : Serge Louis a dû étayer une de ses porcheries, dont une partie s’est effondrée sous le poids de la neige.