
Comment faire garder mes gamins pendant la traite du soir? Plusieurs parents agriculteurs se sont posé la question. Véronique Le Moullec, agricultrice à Bubry (56), installée avec son mari, a sollicité les services de la MSA pour obtenir une réponse. "En tant que chef d'entreprise, vous avez les mêmes droits que les salariés", assure Élizabeth Loret, du service enfance de la MSA des Portes de Bretagne (35 et 56). "La Prestation d'accueil des jeunes enfants (Paje) comprend un complément de libre choix du mode de garde". L'enfant peut être gardé par une assistante maternelle agréée ou par une garde à domicile, embauchée directement par l'agriculteur.
Contrat de travail
"La garde à domicile est une solution intéressante", explique Véronique Le Moullec. "Cela évite de perdre du temps pour emmener les enfants chez une assistante maternelle. Surtout lorsqu'on habite à 7 kilomètres du bourg". La garderie scolaire pourrait être une solution. "Oui, mais alors, les enfants ne peuvent pas prendre le car, le soir après l'école, pour rentrer à la maison". Confier les enfants à la garde de la grand-mère? "Elle vient de quitter l'EARL pour prendre sa retraite. Jusqu'à fin 2009, elle faisait la traite du soir. Je peux difficilement lui demander maintenant de garder ses petits-enfants". Difficile également de confier les trois petits de 5, 3 et 2 ans à la garde de leur sœur aînée de 12 ans. "Une fois de temps en temps, mais pas tous les soirs". Quant à l'embauche d'un salarié à mi-temps sur l'exploitation pour soulager la charge de travail, il n'en est même pas question. "Avec la crise actuelle…".
Alors, une nounou à domicile, oui. Mais où trouver la personne idoine? "S'il y a une association ou une entreprise dans le secteur qui emploie des gardes à domicile, il suffit de les contacter. Dans le cas contraire, il faut embaucher quelqu'un", précise Élizabeth Loret. Avec un contrat de travail en bonne et due forme. L'aide accordée peut être importante. "Jusqu'à 50% des cotisations et 85% du salaire peuvent être pris en charge. Ces aides sont plafonnées et sont fonction du revenu familial et de l'âge des enfants". Avec, en prime, la possibilité d'embaucher une personne retraitée. "Je pourrais même embaucher ma mère", s'amuse Véronique.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Élizabeth Loret, responsable service social (domaine enfance, famille) à la MSA, Véronique Le Moullec, agricultrice à Bubry, son fils, et Marie Loridan, de la Chambre d'agriculture du Morbihan.