
C’est un constat que Nicolas Sarkozy, en déplacement dans l’Orne pour ses voeux à la France rurale, fait « avec regret ». L’action en ordre dispersé des pays européens touchés par une crise agricole sans précédent porte en elle le risque de « renationalisation d’une partie de la Pac ». Le chef de l’État qui souhaite que les pays de l’Europe coordonnent leurs efforts veut éviter « tout ce qui peut s’apparenter à cette renationalisation ». Nicolas Sarkozy a également réaffirmé qu’il comptait engager en 2010 « de véritables négociations européennes en faveur de la régulation de l’agriculture ».
Simplifier la Pac
Autre cheval de bataille du président, « la simplification de la mise en oeuvre de la Pac ». Il s’agit, a-t-il expliqué, devant une assistance attentive mais peu réactive, de « supprimer les références historiques permettant le calcul des aides, d’améliorer le soutien aux producteurs situés en zone herbagère » sans oublier « la création d’outils d’assurance pour gérer les aléas climatiques, sanitaires ainsi que les fluctuations du marché ». Le chef de l’Etat a remporté un franc succès sur le sujet des « dumpings », qu’ils soient monétaires, environnementaux ou sociaux, que l’Europe subit : « c’est cela qui doit être la nouvelle, préférence communautaire ».
“L’immense défi du développement rural”, l’après-Copenhague
Dans un contexte d’après-Copenhague, Nicolas Sarkozy a présenté le développement durable comme un « immense défi national ». L’enjeu est « la préservation de la planète ». Il a évidemment évoqué les énergies renouvelables, réaffirmant les objectifs du Grenelle. Mais il a tenu surtout à refuser une certaine logique qui voudrait que l’objectif de croissance aille de pair avec pollution et la décroissance avec développement durable, a-t-il expliqué. Pour lui, « il n’est plus possible de produire comme avant », a-t-il lancé à son auditoire à dominante agricole.
Des voeux de Nicolas Sarkozy à la France rurale sans Jean-Michel Lemétayer
Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA qui avait fortement regretté, le 7 janvier, que le chef de l’État ait oublié l’agriculture dans ses voeux aux forces économiques du pays n’était pas le 14 janvier dans l’Orne. Cette absence pourrait être la conséquence de la polémique qui a éclaté localement à la suite du choix de l’exploitation que le chef de l’État a visité à Mortagne-au-Perche. Ce choix était, selon la FDSEA, contestable en raison de son orientation technico-économique peu représentative de cette zone d’élevage à dominante laitière. Autre grief : l’absence d’étiquette « Fédé » de l’agriculteur visité, pas insensible, selon les syndicalistes du département, aux charmes de… l’Apli ! Pendant un temps, l’Élysée a même pensé ne plus faire de visite d’exploitation. Finalement, elle a été maintenue. Ce qui n’a pas plu au président de la FDSEA, Olivier Borel qui a boycotté la réunion locale du 14 janvier entre les responsables syndicaux du département et Nicolas Sarkozy. De là à penser que Jean-Michel Lemétayer a eu la même réaction… pour les voeux du président.