
C'est un peu un secteur "modèle" en matière de préservation du bocage, le bassin versant du Léguer. Les actions en la matière s'y succèdent en effet depuis la fin des années 90. Certaines d'entre elles figurant dans le contrat de bassin 99-2002. "Mais, précise Catherine Moret, directrice de l'Association pour la protection et la mise en valeur de la vallée du Léguer, qui travaille en partenariat avec le Comité de BV du Léguer, nous ne partons pas de rien : le bocage est relativement bien conservé sur notre territoire, avec une densité moyenne supérieure à celle du reste du département et de la Bretagne."
Impliquer les acteurs
Il n'empêche, c'est grâce à l'implication de tous les acteurs que la "mayonnaise" a pu prendre. À Louargat par exemple, lors du démarrage de la réflexion sur le Plu, décision a été prise de répertorier tout le bocage au titre de la loi paysage. "Nous avons été voir tous les agriculteurs, notamment pour expliquer qu'il est désormais impossible de modifier inopinément ses talus. Il faut faire une demande en mairie. Et si on détruit quelque part, on replante autant ailleurs", explique Hervé Lévéder, agriculteur de la commune et adjoint au maire en charge de l'agriculture et de l'environnement. Qui s'estime satisfait de la réponse des agriculteurs, dans un second temps, en terme d'actions de préservation et de recréation de bocage (avec le concours d'aides publiques) : 80 km de haies et talus ont en effet pu être reconstitués sur le BV.
Les plaquettes en déclencheur
Outre le dynamisme des responsables, un élément aura été déclencheur, dans cette affaire : l'existence d'une filière bois plaquette. "Les premières chaudières datent ici de 10 ans mais la filière a surtout pris son essor en 2007 avec la création d'une plate-forme de stockage à Plounérin", indique Hervé Lévéder. Désormais, la collectivité peut acheter du bois plaquette à 50 euros/t aux agriculteurs, sous réserve de leur bon respect de critères d'entretien du bocage. Si le gain financier reste modeste pour les agriculteurs, la valorisation a le mérite d'être là, apportant une vraie cohérence à la filière. Pas question de s'asseoir sur de quelconques lauriers, néanmoins, dans le BV : la tâche reste encore d'importance pour une véritable gestion durable du bocage (lire ci-contre), d'où la mise en place de toute une série de mesures. À faire vivre.
Anne-Laure Lussou
Photo : Catherine Moret, directrice de l'Association pour la protection et la mise en valeur de la vallée du Léguer, et Hervé Lévéder, agriculteur à Louargat et adjoint au maire en charge de l'agriculture et de l'environnement, font partie des acteurs oeuvrant pour la préservation du bocage dans le bassin versant.
Programme Breizh bocage : un avancement inégal
Breizh bocage a été lancé dans le cadre du CPER 2007–2013 pour préserver et renforcer le maillage bocager breton et réduire le transfert des polluants d’origine agricole vers les eaux. À l'heure actuelle, seuls deux BV bretons en sont à son volet 3, c'est-à-dire la phase opérationnelle de plantation des espèces. Un constat qui faisait récemment dire à Jean-Paul Simier, en charge de l'Agriculture à la Région : "il faut aller plus vite et plus loin". Reste que tous les BV ne partent pas du même point et que le chemin sera forcément plus long pour certains. Des craintes demeurent aussi quant à de possibles réductions budgétaires de Conseils généraux. Enfin, au BV du Léguer, on suggère une évolution possible du programme : qu'il prenne en compte les travaux d'entretien du bocage, et non pas seulement de plantation.