Alors que le Conseil des ministres entérinait son projet de loi de modernisation de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire annonçait sur une radio, la création d’un groupe de réflexion sur l’avenir de la Pac. Le PDG de Danone, Franck Riboud y côtoiera par exemple, deux chefs étoilés de grandes tables parisiennes. Pour le ministre de l’Agriculture, il y a une logique. Il l’explique : la Pac, c’est « un choix de société avant d’être un choix budgétaire ». Et pour lui, l’alimentation est devenue une question de société, abordée d’un point de vue qualitatif plus que quantitatif. La quantité, c’était les années d’après guerre et de la construction européenne. Autre symbole : l’arrivée de Bruno le Maire, rue de Varenne, s’est accompagnée d’un changement discret mais non moins significatif dans son appellation. Son ministère s’appelle désormais celui de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. La question alimentaire n’est plus seulement l’affaire de l’agriculture. C’est le « privilège » d’une société nantie qui, après avoir satisfait son besoin de sécurité, celui d’avoir assez à manger, recherche dans son alimentation d’autres réponses. La santé d’abord. À la pointe du sujet, l’Institut Danone pour la nutrition et la santé qui concrétise ces tendances dans le marketing. Et les industriels qui développent les « alicaments ». Mais aussi la contribution au respect de l’environnement et encore l’axe santé avec la bio. Sans oublier la question éthique, avec la promotion de l’échange équitable entre le producteur et consommateur. Au fond de notre assiette, il y a plus de choses que l’on pourrait imaginer. Mais pour résoudre cette belle équation, il faut trouver la valeur de l’inconnue, celle du prix à payer. Et souvent il n’y a pas de solution.