Par précaution, les pouvoirs publics ont emmagasiné un stock de vaccins, devenu surdimensionné par rapport aux besoins. Qui plus est, la campagne française de vaccination contre la grippe A est une de celles qui obtiennent le plus mauvais score, explique dans le quotidien Le Monde, Frédéric Keck, spécialiste au CNRS des crises sanitaires. L’une des raisons de cet échec : la mauvaise appellation du virus. Nous serions un des rares pays à ne pas parler de grippe porcine, « en partie sous la pression des éleveurs » précise-t-il. La grippe A, c’est un nom qui ne ferait plus peur, à personne, tellement proche de l’habituelle grippe saisonnière. Car ce qui fait peur, c’est la « vache folle » ou la grippe « aviaire ». Des maladies d’origine animale et inconnues commente le chercheur. Mais font-elles encore peur ? Les experts avaient prédit des millions de morts de la vache folle dans le monde... La France a inscrit dans sa Constitution le principe de précaution. Certains spécialistes estiment aujourd’hui qu’une application trop systématique de ce principe n’est pas un bon mode de gestion des crises. Mais si, au final, la grippe A ne fait pas plus de victime que la grippe saisonnière on dira que c’est justement parce que l’on a vacciné. La critique est facile, mais, à décharge, la gestion des crises sanitaires est plus difficile. Elle fait appel à la notion de responsabilité et quand cela se passe mal, de culpabilité. Si le principe de précaution est nécessaire, son application systématique a un effet pervers. Celui de faire penser que la société peut nous protéger de tous les risques. Elle ne peut seulement que les assurer. D’ailleurs, le gouvernement devrait interdire la neige disait un humoriste, ces derniers jours...