
Depuis le début de l'année, les deux coopératives Garun (35) et Paysanne (22) ont décidé de fusionner leurs activités et de mettre en commun leurs usines. "Notre cœur de métier, c'est la fabrication d'aliment", explique Jean-Luc Cade, président de la nouvelle coopérative Garun-Paysanne. Le nouveau groupe approvisionnera plus de 900 adhérents et produira 400 000 t d'aliment par an, dont 75 % à destination des élevages de porcs. Des aliments bovins et volailles sont également produits dans les deux usines d'Hénansal (22) et de Montauban (35). "Notre taille régionale nous permet de couvrir toute la Bretagne et les cantons limitrophes". La nouvelle coopérative représentera 5 % du marché breton de l'aliment du bétail.
Peu d'économies d'échelle
Les deux usines, distantes de 63 km, produisent chacune autour de 200 000 t et se complètent bien. "Dans notre métier, il y a peu d'économies d'échelle. Dans le prix de revient d'un aliment, la logistique coûte plus cher que la fabrication, d'autant plus que les outils sont amortis", explique le directeur du groupe Jean-Michel Adenot. Grossir davantage n'apporterait pas de compétitivité supplémentaire, si ce n'est au niveau des achats de matières premières. "En franchissant le seuil des 400 000 t, nous atteignons le niveau optimum pour les achats, avec de la souplesse et de la réactivité", souligne Pacifique Denoual, directeur adjoint.
L'appui technique aux producteurs, y compris pour le volet sanitaire, l'achat de céréales, la vente d'appro grandes cultures, sont les autres activités de la nouvelle coopérative. "Nous nous positionnons plutôt en complémentarité des organisations économiques présentes en amont et en aval, qu'en concurrence", poursuit le président. "Dans une logique de segmentation de l'offre, nous contribuons à une saine émulation au sein de la filière". Chaque éleveur adhérent reste décideur de son partenaire d'aval.
Restructurations et reprises
La fusion des deux coopératives est aussi une démarche économique. L'aliment reste le premier poste de charge, en productions animales. "Nous avons la volonté d'optimiser ce poste en répondant aux attentes des
adhérents et en améliorant notamment le suivi technique, (performances, vétérinaires, bâtiments...)", précise Jean-Michel Adenot. "Nous voulons aussi nous impliquer encore plus dans le dossier de la restructuration des élevages". Dans les 5 ans à venir, un quart des élevages va changer de mains et les responsables de la coopérative Garun-Paysanne veulent accompagner les reprises et les installations de jeunes producteurs.
Patrick Bégos
Photo : Les responsables de la Coopérative Garun-Paysanne, réunis autour de leur président
Jean-Luc Cade.