Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " ORGANISATIONS " | Article n°10281 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Coop de France Ouest / Pour donner de la visibilité - Travailler sur des outils professionnels de régulation
 

Les responsables de Coop de France Ouest regrettent le manque de débat au sein de la profession agricole en 2009, pendant que quasiment toutes les productions broyaient du noir. "Aujourd'hui, nous devons nous pencher vers l'avenir et évoluer. Pas seulement sur le plan environnemental, mais aussi au niveau commercial", a déclaré Jean-Marie Gabillaud, président du syndicat des entreprises coopératives de l'Ouest, lors d'une conférence de presse, le 8 janvier à Rennes.
Dans un contexte de désengagement des pouvoirs publics, il invite les différents acteurs à réfléchir à la mise en place de nouveaux outils professionnels de régulation, visant la pérennité des activités agricoles. "La régulation de la production sur la durée permet de donner de la visibilité au producteur dans ses débouchés et à l'industriel coopératif dans ses approvisionnements. Les jeunes notamment attendent beaucoup de la régulation, la spéculation ne les intéresse pas", notent les responsables de Coop de France Ouest.


La contractualisation, connectée au marché


Déjà utilisée dans les coopératives, la contractualisation fait partie des outils prônés par le syndicat. "Nous devons continuer à travailler sur ces schémas. Les contrats pourront inclure des engagements sur le volume, la qualité, des éléments pouvant déterminer le prix final. Par contre, la contractualisation ne peut garantir des prix hauts, elle s'inscrit dans un contexte de marché", déclare le président. "L'engagement coopératif est un contrat qui garantit au producteur d'être collecté et payé", rappelle Gilbert Keromnes, président de la section laitière de Coop de France Ouest. Les responsables soulignent l'importance pour les producteurs de connaître le coût de revient sur leur exploitation, souvent flou en agriculture.
Jean-Marie Gabillaud ajoute qu'une interprofession de nouvelle génération pourrait jouer un rôle dans l'orientation des cours, mais aussi dans d'autres domaines (promotion des produits…). À ses yeux, les outils de régulation professionnels ne doivent pas signifier l'abandon des politiques agricoles française et européenne, qui doivent continuer à avoir du poids.
Coop de France Ouest souhaite également inclure dans le champ de la réflexion les systèmes d'assurance, les nouveaux mécanismes de mutualisation des risques, et les instruments financiers (marchés à terme…) "dans la mesure où ils viennent conforter la gestion des risques et consolider le "schéma des sécurités" pour les producteurs". Pour le syndicat, cette nouvelle donne offre aux coopératives l'occasion de refonder leur rôle en devenant "des acteurs fédérant la prise de risque pour les producteurs. La sécurité proposée à l'adhérent devient une mission et un service de la coopérative".


Des écarts de pratiques en Europe


Les distorsions de concurrence au sein de l'Union européenne constituent un autre débat et champ d'action pour Coop de France Ouest. "Les écarts de pratiques d'un pays à l'autre s'accroissent au lieu de converger". Au niveau environnemental par exemple, la taxe carbone n'existe qu'en France. Les coûts sociaux sont très différents selon les pays. "L'Ifip a estimé l'incidence des écarts à 5 euros/porc, entre la France et l'Allemagne". Par ailleurs le "paquet pesticides" européen prévoit une large subsidiarité aux Etats-membres. "Les spécificités de la réglementation française handicapent les filières (grandes cultures), voire mettent en péril la continuité de certaines d'entre elles (fruits et légumes…)".
Coop de France Ouest souhaite travailler sur la disparition des distorsions qui pénalisent les acteurs. La compensation économique des choix nationaux est une autre voie d'action, avec diverses possibilités de leviers : aides compensatoires, protection des marchés, crédits d'impôts, abattements… "Nous ne remettons pas en cause les choix sociaux français. De même, nous sommes conscients du rôle à jouer par l'agriculture en matière d'environnement. Mais nos avancées doivent se faire en cohérence avec nos partenaires européens".

Agnès Cussonneau


Photo : De gauche à droite : Virginie Allaire-Arrivé (directrice de Coop de France Ouest), Jean-Marie Gabillaud (président) et Gilbert Keromnes (président de la section laitière de Coop de France Ouest).

 







9 agriculteurs sur 10 en coopérative

Les coopératives agricoles de l'Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Basse-Normandie, Haute-Normandie) comptent 207 000 associés coopérateurs et près de 2 000 administrateurs. 9 agriculteurs sur 10 sont adhérents d'au moins une coopérative. Les coopératives emploient 55 000 salariés, dont 15 000 dans le périmètre coopératif strict, et 2 100 assurant un suivi technique auprès des producteurs. Le chiffre d'affaires total atteint 20 milliards d'euros.



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 15 au 21 Janvier 2010
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12812 depuis 1997)