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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°10271 |
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Lait / Les quotas au Canada - Pas forcément le paradis blanc
 

La politique canadienne de gestion de l’offre laitière date de 1974. Pour les producteurs, ce système a l’avantage d’assurer un prix du lait très élevé. Aux taux standards, le prix du lait payé au Canada s’est établi en 2007 et 2008 aux alentours de 0,7 US$/kg. C’est environ 40% de plus que le prix payé en France ou en Allemagne en 2008.


Des effets pervers


Mais le système a aussi ses effets pervers : la fixation du prix de soutien pour couvrir le coût de production médian n’encourage pas la recherche d’économies.
Les coûts sont élevés, en partie du fait des contraintes climatiques. La logique de ces systèmes a été poussée au bout, avec une génétique favorisant une production laitière très élevée (9 800 kg de lait par lactation contrôlée en 2008) pour limiter les places, avec une mécanisation importante.
Cette assurance tout risque sur le prix du lait n’a pas empêché la restructuration des fermes canadiennes. Le taux de réduction est proche de 4,5% par an. Il reste aujourd’hui 13 600 fermes laitières, avec en moyenne 72 vaches et une production de 550 tonnes annuelles.
Ces fermes restent familiales. Cependant, le capital à reprendre se fait plus lourd de génération en génération. En particulier, l’achat du quota pèse énormément sur les comptes des exploitations.
Le prix du quota (en kg de matière grasse livrable quotidiennement, ce qui correspond environ à la production d’une vache « moyenne » au Canada) a flambé jusqu’à environ 21 000 euros. Cela constitue un ticket d’entrée extrêmement coûteux pour devenir producteur laitier, surtout quand il faut rajouter les terres, l’équipement, le cheptel et quand on sait que les dotations de départ aux jeunes agriculteurs sont insignifiantes. La Fédération des producteurs québécois a pris la décision de plafonner ce prix.
Un autre aspect pervers est que le quota constitue un actif très rassurant pour les banques qui prêtent aux éleveurs laitiers, encourageant un endettement croissant.


Incompatible avec l’OMC


On pourrait penser que les transformateurs sont défavorisés par ce système de gestion de l’offre qui les empêche de négocier librement le prix du lait collecté. Or, il a aussi ses avantages pour eux : les coûts de transaction sont extrêmement réduits (et payés par une cotisation des éleveurs) et les coûts de collecte sont mutualisés et limités à moins de 4% du prix payé au producteur en 2008. La production de lait est pratiquement étale sur l’année.
Apparemment rigide, ce système n’a pas empêché la constitution de géants de l’industrie laitière, comme Saputo, 12e entreprise mondiale du secteur, ou la coopérative Agropur. Des géants qui se sont développés à l’intérieur d’un marché canadien très protégé, et qui investissent depuis les années 90 dans d’autres pays, comme l’Argentine ou les États-Unis.
Reste qu’un accord à l’OMC sur les bases de la proposition de modalités actuellement sur la table à Genève ouvrirait une brèche dans le système de gestion de l’offre laitière notamment, entamant en particulier la protection douanière et forçant à ouvrir des contingents d’importation à droit nul. C’est une épée de Damoclès qui devrait limiter la spéculation sur le prix du quota.

Source : Dossier Économie de l’Élevage - Novembre 2009


 


Photo : La ferme laitière moyenne produit 550 tonnes de lait par an avec 72 vaches.


 







La distribution limite sa marge

Selon la vulgate néo-classique, les payeurs d’un tel système seraient les consommateurs. Or, les prix payés par les consommateurs canadiens pour les produits laitiers ne sont pas significativement différents de ceux de leurs voisins des États-Unis. En fait, il semble que ce système ait permis de limiter la marge à la distribution, alors que les producteurs sont gagnants, que les transformateurs en profitent dans l’ensemble, que les consommateurs ne sont pas perdants et que le gouvernement n’a pratiquement rien à débourser pour sa politique laitière. « On ne peut plus dire non plus que ce système pèse sur les cours mondiaux, puisque le système d’exportation a été abrogé en 2003 », indique encore le département économie de l’Institut de l’élevage.



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Date de l'article : semaine du N° du 15 au 21 Janvier 2010
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