
Voilà une activité agricole hors du commun. En Ille-et-Vilaine par exemple, le nombre d'exploitations produisant des volailles démarrées se compte sur les doigts de la main. L'élevage de Mickaël Amouriaux trouve sa clientèle chez les particuliers, dans le monde rural pour 80%, ou plus près des villes. "Des gens qui souhaitent élever eux-mêmes leurs volailles, savoir ce qu'elles ont mangé. Avec la crise économique, se nourrir à moins cher est aussi une préoccupation", précise l'aviculteur. L'âge des clients de Mickaël s'étend de 30 à 80 ans, avec une moyenne avoisinant 50 ans.
Des poulets (blancs, rouges, gris, cou nu noir ou rouge…), des poules pondeuses, des canards, des oies, des pintades, des dindes composent l'éventail proposé à la vente. 80 à 100 000 volailles sortent annuellement de l'EARL, en majorité des poulets et poules pondeuses. 90% sont commercialisés sur les marchés (5 par semaine de janvier à mi-octobre) via un camion aménagé avec des trappes de ventilation et des casiers. Les 10% restants sont vendus en direct sur l'exploitation, le mercredi après-midi. "Je propose aussi aux clients des sacs d'aliment pour assurer la continuité de la nourriture donnée sur l'élevage". Les conseils techniques font également partie du service.
Reçues à 1 jour une fois par semaine, le jeudi, les jeunes volailles sont chouchoutées pendant 4 à 6 semaines sur l'EARL du Petit Monthélon. Elles sont réparties par espèces dans les neufs parcs d'élevage totalisant une surface de 1600 m2. La diversité des volailles sur le site représente la grande difficulté technique. "Il faut adapter la conduite d'élevage à chaque espèce", précise l'éleveur. Pour gérer plus facilement le facteur sanitaire, la densité des volailles est maîtrisée. Les abreuvoirs sont nettoyés tous les jours et la litière, à base de copeaux et de paille broyée, est rafraîchie toutes les semaines. "Entre chaque lot, les salles sont curées, nettoyées, désinfectées et laissées 15 jours sans volaille. En plus, un vide sanitaire est réalisé tous les ans pendant 1 mois et demi, sur l'ensemble du site".
Un projet d'abattoir, comme service supplémentaire
Mickaël Amouriaux a repris l'élevage il y a un an, (au départ en retraite de son patron), après y avoir travaillé comme salarié pendant une quinzaine d'années. Une VAE (validation des acquis de l'expérience) lui a permis d'obtenir un BPA, porte d'accès aux aides. Il a aussi dû acquérir une demi SMI (surface minimum d'installation), soit 9 ha qui ont été implantés en miscanthus. "Je n'y réalise que quelques travaux : traitements, broyage", explique Mickaël qui souhaite se concentrer sur son élevage. Conscient que l'acte de tuer les volailles constitue un frein pour son activité, il va mettre en place un abattoir à côté de l'élevage. Un service supplémentaire susceptible de convaincre une nouvelle clientèle et qui améliore aussi la gestion sanitaire. "Un créneau existe par ailleurs sur l'abattage pour obtenir de la viande halal". À terme, trois embauches (dont une en CAT) s'ajouteraient aux deux salariés en place actuellement.
Agnès Cussonneau
Photo : Attaché à la commercialisation, Mickaël Amouriaux considère que "c'est valorisant de vendre son produit".
Des aides complémentaires
Les projets "atypiques" bénéficient des aides classiques à l'installation, avec les mêmes règles : DJA (en moyenne 14 000 euros), prêts JA, aides à l'investissement. Les collectivités territoriales les accompagnent en complément : 6 à 10 000 euros peuvent être obtenus par le Conseil régional et, par exemple en Ille-et-Vilaine, 5 000 euros de complément de dotation par le Conseil général.