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Sillia Energie assemble des panneaux à Lannion / Des panneaux solaires made in Breizh
 

Très rares sont les entreprises françaises à proposer leurs propres panneaux photovoltaïques sur le territoire. La plupart du temps, ces derniers proviennent d'Allemagne ou d'Asie. "Lorsque nous avons commencé, début 2009, nous étions deux ou trois en France à en proposer. Aujourd'hui, deux ou trois sociétés supplémentaires se sont créées", indique Pierre-Laurent Faugeras, responsable des ventes de Sillia Energie, basée à Lannion. Avec pour actionnaire majoritaire la société Sofie SAS basée à Coutances, l'entreprise de Lannion était jusqu'en 2009 spécialisée dans les circuits imprimés. Un marché aux perspectives en berne, d'où l'idée de se reconvertir dans une voie plus porteuse comme l'est le photovoltaïque.


Uniquement de l'assemblage


Pas question, pour autant, de se lancer un pari fou en produisant 100 % des composants des panneaux. "Nous ne réalisons que leur assemblage. Les cellules photovoltaïques utilisées proviennent d’Allemagne et dans certains cas d'Asie pour une question de coût, avec en permanence le souci de rester sur du haut de gamme", poursuit Pierre-Laurent Faugeras. À l'heure actuelle, aucune entreprise française ne fabrique de cellule photovoltaïque depuis la matière première, le silicium, jusqu’à la cellule finale. L'unique projet connu, Silicium de Provence (Silpro), a été stoppé en 2009. "Nous ne souhaitons pas non plus empiéter sur d'autres domaines comme la vente d'onduleur ou de kit complet d'installation, ajoute le responsable. Nous restons dans notre domaine de la fabrication. C'est aussi comme cela que la filière photovoltaïque se structurera." Sillia Energie dispose désormais d'une capacité de production de 20 Méga Watts / an, soit plus de 300 panneaux / jours, avec une possibilité d'extension à 40. La chaîne de production de Lannion a été acquise clé en main.


Au démarrage une plaque


À l'entrée de la chaîne, de grandes plaques de verre de qualité spécifique solaire (aux dimensions variables) sont introduites une à une, horizontalement par un robot, après lavage minutieux. Le verre est micro-structuré en face intérieure, ce qui augmente le rendement par éclairage diffus. Les plaques mesurent 4 mm d'épaisseur afin de permettre, au final, une bonne résistance aux conditions climatiques (5400 Pa). Sur ces plaques est ensuite disposé un film polymérisé à chaud d’acétate de vinyle (EVA). "C'est un matériel encapsulant qui permettra, une fois que tous les composants seront introduits, que l'ensemble soit parfaitement collé et résistant après passage en four", explique Jean-Luc Halper, responsable du bureau d'étude. La technique confère à la structure du panneau sa résistance aux impacts.


Maximiser la production


Vient ensuite la phase de mise en série des cellules photovoltaïques en elles-mêmes, qui peuvent être poly (plusieurs types de cristaux) ou monocristallines (un seul cristal). Mieux adaptées à l'éclairage diffus, les cellules poly-cristallines sont plus utilisées dans l'Ouest, d'où leur part prépondérante dans la production de Sillia. L'objectif est alors de maximiser la récupération de courant électrique produit par les cellules (avec un nombre variable de diodes by-pass). Le module est, enfin, équipé d'un cadre autoporteur en aluminium anodisé permettant un montage aisé et d’une boîte de jonction permettant le câblage nécessaire à l’exploitation du panneau photovoltaïque. Le panneau est "flashé" en fin de ligne afin de garantir la production qu'il permet. "Nous garantissons un rendement de 90 % sur 12 ans et de 80 % sur 25 ans. Dans les faits, les rendements varient très peu, mais si besoin les clients peuvent nous faire parvenir les panneaux pour vérification", indique Pierre-Laurent Faugeras. L'aspect proximité de l'entreprise est en effet un atout.

Anne-Laure Lussou




 


 


Arrêté tarifaire : rien n'est joué


L'arrêté tarifaire devant fixer les nouveaux tarifs de rachat de l'électricité d'origine photovoltaïque, annoncé pour sortir en fin d'année, n'est toujours pas paru au Journal officiel. "Nous n'osons plus nous prononcer sur sa date de parution", soupire l'association lyonnaise Hepsul, organe de référence sur le photovoltaïque. Dans les quinze jours peut-être…" En théorie, l'arrêté doit être applicable dès sa parution. Quant à son contenu, tout et son contraire a été dit. "Les discussions sont toujours en cours et donnent lieu à beaucoup de rapports de force", indique l'association. Affaire à suivre.


 




 


Légende : Basée à Lannion, Sillia Energie fait partie des rares entreprises à assembler des panneaux photovoltaïques en France. Ci-dessus, un panneau en cours d’élaboration et ci-contre, une cellule photovoltaïque.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Janvier 2010
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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