
Le pou rouge est un parasite quasi-exclusif de la poule. Lorsqu'il se développe, cela ne se voit pas. Dès qu'il voit la lumière, il fuit. La mise en place de programmes lumineux a permis de casser l'écologie du pou rouge mais au bout de 2 ans, le pou s'habitue à l'éclairage. Le retrait de quelques molécules chimiques a entraîné une recrudescence massive des poux en 2000.
Il pompe le sang
Le pou se nourrit du sang de la poule. "Il fait 6 à 8 repas consécutifs de sang avant de pondre et de se reproduire", explique Philippe Uytterhaegen, directeur d'Eurotec'h France. "Pour passer d'un stade à un autre, il a besoin d'un repas de sang. Les poux peuvent sucer jusqu'à 6 % du sang d'une poule en une journée. Son rythme de reproduction est très rapide, lorsque toutes les conditions sont réunies". En l'espace d'une semaine, 1 000 poux femelles peuvent donner naissance à quelque 163 000 poux.
Sans traitement, la poule s'anémie très rapidement. Mortalité, transmission de maladies telles que colibacilles ou salmonelles, dégradation des performances : les dégâts peuvent être importants et rapides. Les résultats techniques peuvent baisser de 2 %, voire plus.
Extraits de plantes
Le Lentypou +, distribué par Eurotec'h France, est un produit naturel à base d'extraits de plantes comme le thym, la tanaisie ou la bardane. "Les produits à base de plantes rendent le sang indigeste", précise Goulven Berthou, d'Eurotec'h. "Les poux ne venant plus se nourrir sur les poules, arrêtent de les incommoder et de les piquer. Ils ne se développent plus". Le pou a en effet besoin de sang pour évoluer dans son cycle. Le produit renforce l'immunité des poules, limite les réactions de stress liées à la présence de parasites externes et soutient le taux de ponte et le poids des œufs.
Pierrick Moisan, éleveur à Plestan (22), n'avait pas de poux rouges dans son élevage, jusqu'en 2006. Il a mis en place du Lentypou + pour "blanchir" le bâtiment de poules au sol. Le traitement se fait dans l'eau de boisson à raison de 0,75 L de Lentypou + dans 1 000 L d'eau, pour une consommation de 200 ml d'eau par poule. A partir de 15 jours de présence, le traitement a lieu pendant 8 jours consécutifs (20ème semaine) puis 4 jours consécutifs à la 50ème semaine. Le coût avoisine 3,5 à 4 ct/poule/an, soit l'équivalent du prix d'un œuf.
Des conditions de réussite
"Il faut frapper fort au premier apport en optimisant le dosage à l'aide de la pompe doseuse puis revenir 30 semaines plus tard", souligne Philippe Uytterhaegen. "La réussite est optimale en démarrant le traitement le plus tôt possible, en travaillant sur des poules en forme, en agissant sur tous les bâtiments et en éliminant, par insecticide de contact, les poux visibles sur les cages". Le surdosage du produit n'a aucun intérêt. Par contre l'association Lentypou + et traitement de contact peut s'avérer judicieuse car le Lentypou + empêche le poux de pomper le sang, il va alors se réfugier dans l'environnement. C'est là que le traitement de contact peut l'atteindre.
Patrick Bégos
Légende : De droite à gauche, Philippe Uytterhaegen, directeur d'Eurotec'h France et Goulven Berthou, commercial.