
L’année 2010 est proclamée année internationale de la biodiversité par l'ONU. La préservation de la diversité des espèces animales et végétales, des gènes, des écosystèmes… fait partie des enjeux actuels à l'échelle planétaire. Pour réfléchir sur cette problématique, qui concerne évidemment l'agriculture en premier lieu, les adhérents de Farre* 35 avaient convié des agriculteurs et des élus à une table ronde le 11 décembre à Rennes.
La biodiversité est déjà prise en compte sur beaucoup d'exploitations avec de nombreuses cultures implantées, des rotations, des haies plantées, des jachères fleuries… Les systèmes de polyculture-élevage développés en Bretagne se montrent par ailleurs plutôt favorables à la biodiversité. La Pac s'oriente aussi dans ce sens avec les mesures BCAE : bandes tampons au bord des cours d'eau, éléments "topographiques" sur 1% de la SAU en 2010. Et les aides du second pilier sont orientées vers une meilleure prise en compte de l'environnement. "Mais les agriculteurs sont aussi des chefs d'entreprise, la biodiversité doit être intégrée dans cette logique", ajoute Dominique Denieul, président de Farre 35.
La biodiversité étudiée sur 130 exploitations
Afin de quantifier et de reconquérir la biodiversité en milieu rural agricole, un programme expérimental de 5 ans avait été initié en 2004 par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux). En tout, plus de 130 exploitants volontaires de 18 départements, issus de différents réseaux d’agriculteurs (Fnab, FNCivam/Rad et Farre), se sont impliqués dans cette démarche. Jean-Marc Lezé, agriculteur du réseau Farre du Maine-et-Loire, y a participé. "Des comptages ont montré la présence de 50 espèces d'oiseaux sur les sites de l'exploitation. Après une évaluation des pratiques, nous avons mis en place un plan de gestion avec des préconisations en faveur de la biodiversité", explique-t-il.
Les observations réalisées sur les exploitations ont abouti à l'élaboration de fiches techniques par système de production. En élevage par exemple, les mesures proposées peuvent porter sur les techniques de fauche, la gestion des prairies, la mise en place de "corridors biologiques", la restauration de mares, de haies…
Des indicateurs à mettre en place
Dominique Denieul a quant à lui testé la démarche HVE (Haute Valeur Environnementale) sur son exploitation. "Ce n'est pas simple de mettre en place des indicateurs de biodiversité", constate-t-il. Plusieurs participants au débat ont souligné l'importance de sensibiliser les producteurs à la prise en compte de cette biodiversité. "Cela peut se faire au travers de formations qui traitent à la base d'autres thématiques".
Directeur environnement chez BASF, Jean-Marc Petat souligne que les firmes phytosanitaires ont aussi un rôle à jouer, en particulier dans l'utilisation des matières actives. "Au niveau de l'homologation des produits, l'environnement et l'écotoxicologie concernent actuellement une bonne part des budgets. Nous assurons également un suivi post-homologation".
Agnès Cussonneau
* Forum de l’Agriculture Raisonnée Respectueuse de l’Environnement.
Photo : De gauche à droite : Dominique Denieul (président de Farre 35), Michel Métais (directeur de la LPO) et Paul Rapion (chef du service économie de la DDAF).