
La moisson de premiers prix, au dernier concours de Pontivy, a retenu l'attention. L'élevage de Simon Le Navéaux devient, au fil des années, une référence dans le monde de la "Rouge". Urbaine, fille d'Origin et Carpe, fille de Lichtblick, ont remporté respectivement les prix de Grande Championne et de Championne jeune. Le lot d'élevage, avec trois autres animaux présentés, était remarquable d'homogénéité, par son type laitier et la qualité des mamelles. Des caractéristiques qui se retrouvent à l'étable, sur l'ensemble du troupeau. Alors, une seule et même souche, à l'origine ? Une vache exceptionnelle qui aurait transmis ses qualités à sa descendance ? Ou un taureau d'élite, largement utilisé, qui aurait marqué la quarantaine de vaches du troupeau de son empreinte génétique ? "Pas du tout. Aucune des vaches présentées à Pontivy n'a la même ascendance", rectifie l'éleveur. "Les accouplements sont ciblés, et depuis 4 à 5 ans, j'achète des doses de semence de pères à taureaux Red Holstein". L'objectif est d'accroître le potentiel laitier et de baisser le taux de matière grasse. Les caractères fonctionnels sont également recherchés. "Tous les paramètres qui permettent à une vache de vieillir sans problèmes".
Diadème sans cornes
L'élevage a franchi un cap, dans la sélection, il y a deux ans. "Une collecte d'embryons sexés a été réalisée sur une fille de Stadel sur Tulip". Une première sur l'élevage, sur une lignée qui cumule potentiel laitier et qualité du lait. Un investissement de 2000 euros et un peu de stress pour un éleveur plus habitué à vendre des vaches fraîchement vêlées qu'à acheter des animaux aux pedigrees ronflants. Trois génisses sont nées de cette collecte. "Deux filles de Carmano, qui présentent un index cellules positif sur plusieurs générations". Et surtout, une fille de Lawnboy, sans cornes, qui au vu de son index génomique, intéresse le schéma de sélection. Diadème sera collectée en février prochain, accouplée à un jeune taureau porteur, lui aussi, du gène "sans cornes". À la charge du centre d'insémination, cette fois. "Il me faut quand même préparer une dizaine de génisses receveuses". Pas question de vendre des embryons ou des veaux femelles. La lignée est prometteuse. "Pour l'instant, je la conserve sur l'élevage". La seule mère à taureaux de l'élevage n'est pas la seule sans cornes. "Le taureau Coral a diffusé le gène. Et comme il est dominant, on le retrouve sur la descendance". Une autre génisse, fille de Lawnboy, vient de subir un test sanguin. "Si elle est homozygote, ses filles pourraient faire l'objet d'accouplements ciblés".
Système à l'herbe
Aucun taureau n'a marqué le troupeau plus qu'un autre. Les vaches adultes sont filles d'Olly, d'Origin ou de Picasso, des taureaux Allemands ou Hollandais. Les plus jeunes, de Lichtblick, Classic ou Élayo. Elles sont actuellement inséminées par Jerudo, Volestar, Spencer ou Rulead. Les taureaux de testage sont utilisés sur les premières lactations. Toutes les femelles sont élevées et vêlent entre 26 et 30 mois. En hiver, les génisses ont accès aux pâtures et consomment, à l'auge, de l'ensilage de maïs, un kilo de concentré et de la paille.
La ration hivernale des laitières est à base de maïs, complété par un concentré de production (jusqu'à 4 kilos), et un correcteur azoté (jusqu'à 3,5 kilos en début de lactation). Cette ration est distribuée à l'auge (cornadis). Les laitières sortent toute l'année. Le silo est fermé du début avril au 15 septembre. "La portance des sols est bonne. En 2009, elles sont sorties la nuit, dès le 20 février, pour profiter d'un système de production basé sur l'herbe, et des 32 hectares accessibles autour de l'étable". Et soulager l'éleveur, pour qui la charge de travail, notamment pendant le congé parental de son épouse, est le facteur limitant sur l'exploitation.
Bernard Laurent
Photo : Simon Le Navéaux et son fils Romain, avec Comtesse, une fille d'Univers, un taureau de testage, présentée dernièrement au concours à Pontivy.
L'exploitation en bref
•363 000 litres de quota
•42 hectares de SAU
•12 hectares de maïs
•30 hectares d'herbe
•42 laitières
•1,78 UGB/ha
•8000 litres à 47 de TB et 34 de TP (contrôle laitier).
•Achat de paille