
La préfecture a rendu son verdict. Il n'y aura pas de dérogation pour prolonger l'activité de l'abattoir de Malestroit. Le rouleau compresseur de la réglementation européenne n'admet pas les exceptions. Les abattoirs de classe 4 seront fermés. Pas aux normes. La rencontre des agriculteurs avec le préfet, il y a un mois et demi, n'a pas eu les conséquences souhaitées par la profession. "Nous sommes déçus et amers". Franck Péllerin, président de l'association des éleveurs qui défend le projet de construction d'un nouvel outil d'abattage à Sérent, déplore cette décision. "Les éleveurs n'auront d'autre solution, pendant au moins deux ans, que de faire abattre leurs animaux à Vannes, Montauban ou Pontivy. Avec une augmentation inhérente des frais ". Certains éleveurs cesseront la vente en direct pendant ce laps de temps. Les abattages sauvages à la ferme, de petits animaux, vont reprendre. Pendant deux ans? "Oui, à condition que le projet aboutisse à Sérent".
45 000 euros à trouver, pour le projet de Sérent
La première étape consiste, pour les agriculteurs, à réunir les 90 000 euros de capital nécessaires au financement du projet. "À ce jour, nous en sommes à 45 000 euros. Avec les promesses d'apport et le potentiel sur la région, nous ne nous faisons pas de soucis". Il ne reste théoriquement que quinze jours pour réunir la somme. Les éleveurs intéressés seraient bien avisés de traduire, rapidement, leurs promesses en réalité. Les autres partenaires, notamment les collectivités, attendent ce signal de la profession pour avancer dans le projet. La Communauté de communes de Ploërmel, qui ne s'était pas encore exprimée, vient de s'engager à verser une subvention. Elle ne sera, toutefois, pas actionnaire de la société d'économie mixte, qui gérera la nouvelle structure. "La Direction des services vétérinaires nous a certifié que le délai de procédure pour l'autorisation de création (installations classées) sera le plus court possible". Dans le meilleur des cas, pas avant l'automne 2011. Certains projets de vente directe attendront cette date pour devenir réalité.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Vincent Thébault, vice-président de l'association des éleveurs (projet de Sérent), Jean Paul Touzard, FDSEA - Chambre d'agriculture, Franck Péllerin, président de l'association des éleveurs et Jean Louis Le Normand, Confédération Paysanne, se sont exprimés devant l'abattoir de Malestroit, mardi dernier.