
La main d'œuvre sur l'année représente 4,5 UTH en moyenne", chiffre Matthieu Lec'hvien qui a rejoint en 2006 le Gaec Les Garennes (Henvic - 29) constitué par Jean-Hervé Cléach et Yvan Hyrien en 1995. "Il y avait de la place pour un troisième associé sur l'exploitation, sans apport de terres. La SAU avait au fil des années été agrandie, de 30 à 50 ha". L'exploitation était basée sur les deux productions phares de la zone léonarde : le chou-fleur et l'artichaut, avec des surfaces en céréales qui avaient augmenté.
Diversification des cultures
Pour ne pas mettre “tous leurs œufs dans le même panier”, les producteurs ont décidé de diversifier progressivement les cultures avec l'instauration du chou pomme en 2006, et d'une culture de "jeunes pousses" (salade, épinard, roquette, betterave) en 2007. En artichaut, le choix a été fait de ne conserver que le Petit Violet en 2007 (arrêt du Camus et du Castel). Ces changements ont abouti à un besoin supérieur en main-d'œuvre. "En plus des saisonniers pour les plantations de choux-fleurs, du 14 juillet au 15 août, nous embauchons désormais un salarié sur 6 mois, d'avril à octobre, qui s'occupe avec nous des récoltes, des plantations et de l'entretien des cultures". Il peut être recruté via un stage préalable ou auprès de l'AEF (Association Emploi Formation).
Les légumiers ont aussi mis en place un groupement d'employeurs (sous forme d'association) avec six autres exploitations sur Henvic. "Le salarié passe une à deux journées tous les quinze jours sur chaque exploitation. L'objectif premier de ce service de remplacement est de faire face aux problèmes de santé".
Deux Cuma et une ETA
Pour réserver davantage de temps aux cultures légumières, Matthieu, Jean-Hervé et Yvan font appel à la Cuma du Frout (à Taulé) qui effectue tous les travaux de préparation du sol. Cette Cuma met à la disposition de la quinzaine d'adhérents deux tracteurs, deux chauffeurs et le matériel de travail du sol et de semis de céréales. La récolte des céréales est réalisée par une ETA, le transport étant effectué par le Gaec. Les producteurs adhèrent aussi à la Cuma du Phare de La Lande (Taulé) pour une planteuse minimottes, une dédrageonneuse, des remorques, des bineuses et divers autres matériels.
Tout le matériel de récolte leur appartient : tracteur, débardeur pour les artichauts, remorque à choux avec tapis... Ces équipements ont permis d'améliorer largement les conditions de travail et facilitent le recrutement et la stabilisation de la main-d'œuvre. La culture de jeunes pousses est également bien mécanisée. Les trois associés se partagent les responsabilités : Matthieu gère davantage les jeunes pousses, Jean-Hervé, le Petit Violet et les plantations de chou-fleur, et Yvan, les jeunes pousses et le côté administratif. Une organisation bien huilée qui permet aussi aux producteurs de se dégager du temps pour les loisirs et vacances (une quinzaine de jours par an).
Agnès Cussonneau
Photo : Matthieu Lec'hvien sur une parcelle de choux pomme. Cette culture a été ajoutée sur le Gaec en 2006.
Les “jeunes pousses”, sur challenge
La mise en place de la culture de jeunes pousses a représenté un challenge pour le Gaec Les Garennes. La SBLP (Saint-Pol-de-Léon) recherchait des producteurs pour élargir sa gamme de salades. Les associés ont trouvé des informations et préconisations techniques auprès d'un exploitant de la zone qui s'était lancé en 2006. Ils sont aussi allés visiter d'autres sites de production (région nantaise, Italie). 100 000 euros ont été investis pour acquérir un semoir, un cultirateau, une récolteuse et du matériel d'irrigation spécifique. "C'est une culture intéressante économiquement, plus délicate à conduire techniquement, notamment dans la gestion du mildiou et des mauvaises herbes", précise Matthieu Lec'hvien. Un autre producteur va se lancer en 2010.