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Protéagineux / Une culture de pois dans l'assolement - La diversification des rotations améliore la marge
 

Les charges opérationnelles des cultures de céréales et de colza sont lourdes. Elles montrent que le rendement ne suffit pas, car la rentabilité d'une culture dépend du produit mais aussi des charges qu'elle engendre. Pour analyser la rentabilité du pois, la comparaison de sa marge à celle des autres cultures ne suffit pas. Il faut aussi compter ce que le pois apporte aux autres cultures, notamment au niveau agronomique : de meilleures conditions d'implantation, des potentiels de rendement plus élevés, une réduction des engrais azotés, un allègement du programme herbicide et parfois fongicide.


A l'échelle de l'assolement


Lorsque l'on calcule la marge brute à l'échelle de l'assolement, on prend en compte les gains dus au pois sur la culture suivante. Le système intégrant le pois apparaît au moins aussi rentable sinon plus que le système sans pois dans les rotations peu diversifiées. Une étude, réalisée par Arvalis, l'Unip et CerFrance, a permis de cerner les écarts de performance de la culture selon son précédent ainsi que les effets sur l'itinéraire technique de l'ensemble de la succession et spécialement sur la gestion des adventices.


6,5 q/ha de plus


Les rendements moyens obtenus sur la base des observations de parcelles dans l'Aisne, l'Aube et l'Eure et Loire montrent qu'un blé après blé subit une baisse de rendement de 6,5 q/ha avec des écarts de -3,9 q à -8,6 q/ha alors qu'un blé après pois voit son rendement progresser de + 1,9 q/ha.
Les enquêtes parcellaires montrent que les charges opérationnelles du blé varient peu selon le précédent. Par exemple, sur 320 parcelles dans l'Aisne, les doses d'azote étaient réduites de seulement 14 kg/ha entre un blé et un pois par rapport à un blé après blé. Or, les préconisations montrent que l'économie possible d'azote peut aller jusqu'à 50 unités/ha pour un même objectif de rendement.


Entre 2 blés


Pour le pois, rien qu'en intégrant dans la marge brute, les écarts de rendement selon le précédent (sans l'optimisation des charges de fertilisation), les rotations incluant le pois s'avèrent être aussi rentables voire plus rentables que la rotation de référence, lorsqu'elle est peu diversifiée. En revanche, dans les systèmes de culture déjà diversifiés, avec plusieurs têtes d'assolement et sans blé après blé, la rentabilité des rotations avec pois n'apparaît en général que dans le cas du soutien réglementaire renforcé prévu au niveau français à partir de 2010. Le pois présente un intérêt économique marqué en insertion entre 2 blés ou en substitution des blés cultivés en seconde paille.


Des effets à long terme


L'étude a aussi cherché à quantifier les effets à long terme, notamment sur la gestion des adventices (enherbement et désherbage), en diversifiant les cultures, par exemple avec un protéagineux. Selon les scénarios, l'introduction d'un pois de printemps, à la place d'un colza ou d'une orge d'hiver, permet de réduire les charges d'herbicides de 16 à 35 euros/ha, sur l'ensemble de la rotation. Ces simulations n'intègrent pas les risques d'apparition de phénomènes de résistance aux herbicides, plus marqués avec les rotations peu diversifiées et qui ne feraient qu'accroître les différences. Cette approche permet de "monétariser" les effets agronomiques pour avoir une plus juste valeur de la rentabilité des systèmes de cultures.

Patrick Bégos




Le soutien renforcé aux protéagineux

Trois mesures de soutien devraient permettre de relancer la production de protéagineux :
- l'aide européenne spécifique aux protéagineux de 55,57 euros/ha, avant modulation, est maintenue jusqu'en 2011 inclus.
- une aide couplée, simple, calculée en fonction des surfaces; elle ne sera connue qu'à la récolte. Selon les hypothèses du Ministère, elle pourrait être de 150 euros/ha en 2010 (hypothèse de 270 000 ha), de 125 euros/ha en 2011 (320 000 ha) et de 100 euros/ha en 2012 (400 000 ha).
- deux dispositifs de soutien indirect : la MAE rotationnelle
(32 euros/ha/an) et la mesure "diversité des assolements" (25 euros/ha pour 2010) avec chacune des contraintes bien précises.
 



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Date de l'article : semaine du N° du 25 Décembre 2009 au 7 Janvier 2010
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