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Finistère (29)
Attaque des écologistes / Les agriculteurs du Pays de Brest ripostent
 

Habitués à faire profil bas, des agriculteurs du Pays de Brest ont décidé de passer à l’attaque. Emmenés par Alain Hindré, représentant agricole du territoire de Brest et vice-président de la Chambre d’agriculture, ils ont décidé de montrer les dents face à des attaques qu’ils qualifient « d’incessantes, agressives, de la part d’écolos qui n’ont de cesse de harceler le monde agricole ».
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la colère : un dossier de restructuration passé en séance du conseil municipal de Plouzané. Un dossier de régularisation, présenté par un jeune agriculteur élevant quelque 200 truies sur la commune de Saint-Pabu et propriétaire de terres sur Plouzané. « La veille, les Verts avaient invité la presse pour
expliquer leur opposition au projet », évoque Bertrand
Guéneugues, président du syndicat FDSEA de Plouzané/Saint-Renan, qui parle « d’idéologie qui ne tient pas face à la raison ».


“Nous avons été choqués”


Pour les agriculteurs qui, à leur tour, ont tenu un point presse, ce type de situation se reproduit à l’envi. « À l’époque, nous avions été choqués par les ennuis rencontrés par un éleveur de 30 vaches à cause d’un petit tas de fumier. Toutes ces attaques nous touchent profondément », explique A. Hindré qui rappelle les efforts de la profession depuis plus de 20 ans. « Avec des résultats, puisque les taux de nitrates ont diminué de 20 % ».
Régine Penvidic, vice-présidente du comité de Brest, abonde en faisant valoir que cette remise en cause permanente rend les relations difficiles. « Que ce soit pour les femmes d’agriculteurs qui travaillent à l’extérieur qui font l’objet de remarques désobligeantes ou, pire encore, pour des enfants d’agriculteurs qui n’osent plus dire le métier que font leurs parents. Quand ce ne sont pas les enseignants qui mettent la profession à l’index. Tout cela est tout simplement inadmissible ».
D’autant plus inadmissible que le « zéro-défaut » n’existe nulle part. Et le groupe d’agriculteurs de mettre sur la place publique un dossier présenté au printemps dernier au maire de Brest et président de Brest Métropole Océane (BMO), François Cuillandre. Des photos édifiantes de débordement de station d’épuration, de pollution manifeste de cours d’eau, d’accumulation de déchets sont autant de pièces à charge que les agriculteurs ont fait constaté sur le terrain par huissier. Avec le risque de se voir répondre que « les débordements se justifient par le caractère d’utilité publique », explique Gaël Larreur, agriculteur à Locmaria-Plouzané qui cite des exemples de débordement des stations de relevage des égouts dans les zones humides. Et d’interroger : « Pourquoi dans ces conditions, focaliser à ce point sur l’agriculture ? Même si de notre côté, nous ne souhaitons pas stigmatiser la collectivité. Nous sommes plutôt favorables à la concertation ».


Renouer le dialogue


« Concertation, partenariat ». C’est aussi l’avis partagé par A. Hindré qui demande à chacun de prendre ses responsabilités. « Ce type d’articles sape le travail mené depuis des années sur l’environnement. Par ailleurs, nous demandons à certaines personnes de faire la part des choses entre obligations professionnelles et militantisme écologique ». Et de préciser ses propos : « Je veux tout simplement dire que BMO compte 50 agents environnement dont certains se montrent très agressifs envers les agriculteurs. Nous aimerions que les élus soient les véritables patrons ».
Bref, cette passe d’armes cherche à renouer un équilibre. Avec ce rappel de la profession : « Le développement durable est certes environnemental ; mais il est aussi social et économique ». Et Alain Lamour, responsable de l’antenne brestoise de la Chambre d'agriculture de rappeler que les 1 882 exploitations du Pays de Brest représentent quelque 13 600 emplois directs.

Didier Le Du


Photo : Dans le dossier remis au président de BMO (Brest Métropole Océane), des photos tendent à montrer que la pollution n’est pas l’apanage du monde agricole. Loin s’en faut… 



Plaidoyer pour la tolérance

À l’heure de la clôture de la séance du conseil municipal, Bernard Rioual, maire de Plouzané, a appelé à la tolérance et à la modération. Après avoir rappelé le souhait universel de léguer une planète propre à nos enfants, il a invité à ne pas stigmatiser l’agriculture. « Tout n’est pas parfait, mais nombre d’agriculteurs ont modifié leur méthode d’exploitation ». Et d’ajouter : « Qui d’entre nous, citadins, peut prétendre avoir fait des évolutions de comportement sans phase de transition ? Qui peut prétendre aujourd’hui de se passer du confort d’un chauffage dans sa maison ? Peut-on, du jour au lendemain, demander de supprimer toutes les chaudières utilisant du fioul comme énergie ? »
Pour le maire de Plouzané, « l’exploitation agricole est dans cette phase d’évolution significative de par sa méthode de traitement des lisiers, de récupération de chaleur, par le traitement des boues, etc. (…). Nous nous devons d’accompagner les agriculteurs pour que chacun puisse avancer avec le bon sens nécessaire à tout dialogue ».



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Date de l'article : semaine du N° du 25 Décembre 2009 au 7 Janvier 2010
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