
Un seul credo : l'autonomie des exploitations. "Je suis persuadé que le maintien de notre potentiel de production est possible tout en respectant l'environnement, afin de continuer de nourrir les populations. Et cela passera par un accroissement de l'autonomie des exploitations", martèle Yannick Le Bars, le président de la Cuma Innov'22. Au rang des pistes à explorer pour améliorer cette autonomie, l'utilisation de colza fermier, qu'encourage la Cuma au travers son activité pressage : cette dernière est en développement, puisque sur la campagne 2008-2009, 1750 heures de pressage ont été réalisées, par 17 adhérents, contre 870 heures lors de la campagne précédente. L'objectif des 250 tonnes de colza semble donc à portée de main. Sur la campagne en cours, 195 tonnes sont enregistrées au titre des intentions des adhérents. À noter que ces derniers ne sont pas exclusivement Costarmoricains, puisque des Finistériens ont rejoint la structure.
Vers des dynamiques
La stratégie de la Cuma Innov' n'est pas de s'asseoir sur ses lauriers, loin de là. "Pour nous, l'objectif est qu'un projet comme celui de l'huile soit repris par des Cuma locales, même si ce n'est pas encore le cas, explique Yannick Le Bars. La Cuma Innov' 22 aura alors joué son rôle en expérimentant le projet à la base, puis en le développant. De même, la Cuma a vocation à susciter d'autres projets collectifs, toujours en faveur de l'autonomie des exploitations." Il faut susciter des dynamiques, donc.
Parmi les pistes explorées, et pour l'instant uniquement à l'état de réflexion, celle d'un séchoir mobile dont un groupe d'agriculteurs pourrait faire l'acquisition. "Avec le retour à l'herbe que vivent certains bassins versants, le projet peut être intéressant pour les petites structures, commente le président. Dans ce cadre, la Cuma pourrait servir d'appui en créant une nouvelle section spécifique au séchage." Lors de l'assemblée générale de la structure, mercredi 16 à Plouisy, Jean-Hervé Caugant (Dinéault, 29) et Olivier Perrot (Glomel, 22) ont pour leur part présenté leur unité de séchage en grange.
La luzerne, championne en protéines
L'assemblée a, enfin, été l'occasion de se pencher sur les atouts de la luzerne, ses intérêts agronomiques et zootechniques. "Se situant à un niveau d'environ 2,34 tonnes de protéines / ha, la luzerne est la championne de la quantité de protéines par ha", a rappelé Vincent Jégou, conseiller de développement Lait à la Chambre d'agriculture. Reste à réussir cette culture exigeante. "Il faut respecter un intervalle de 5 ans minimum entre 2 cultures, faire des analyses de terre, respecter un pH minimum de 6,5 (un inoculum bactérien est conseillé en première installation si ce n'est pas le cas), veiller aux apports de K2O et être strict sur les dates de semis", a notamment listé le conseiller.
Anne-Laure Lussou
Photo : Audrey Fourny, animatrice, Yannick Le Bars, président et Loïc Gouret, membre de la Cuma Innov'22 lors de l'assemblée générale.